Kayak Rivière-des-mille-îles

Canada – J.9 (partie2) Kayak et match de hockey sur glace

 

À peine remises de nos émotions du matin (même pas du tout d’ailleurs !) et après avoir été invitées au restaurant par l’office du tourisme de Laval, notre journée allait continuer dans la thématique « dépense sportive ». Au programme ? Nous allions partir sur les eaux calmes en kayak et le soir, assister à un match de hockey sur glace.

 

Pour la première activité, nous nous sommes rendues à la base de loisirs du parc de la Rivière-des-Mille-Îles (ça fait rêver comme nom n’est-ce pas ?). Bon, arriver jusqu’au lieu d’embarcation n’a pas été une mince affaire : en plein dans les travaux, l’accessibilité s’en voit largement malmenée. Heureusement, avec un peu d’aide, d’énergie et de bras supplémentaires, nous nous en sommes sorties et avons vite fait connaissance avec notre guide : Raphaël.

 

Je dois bien avouer que j’étais inquiète quant à la possibilité pour moi de tenir sur un kayak. C’est que je suis tétraplégique quand même, non paraplégique, ce qui veut dire que même si j’ai beaucoup récupéré, je conserve quelques faiblesses en haut de mon corps. Or le dossier des sièges de ces petites barques sont très courts : mieux vaut être capable de tenir son dos. Mais étonnement, lorsque les gars de la base m’eurent portée et installée dans ce qui allait être mon moyen de transport de l’heure prochaine, ma foi je m’y suis sentie plutôt calée, et non en peine. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit à ce point facile, ce qui prouve que, bizarrement, je sous-estime encore ce que mon corps peut en fait de nouveau faire ou supporter… qui l’aurait cru ?

 

 

Anne Hathaway gif
Anne Hathaway – Princesse malgré elle

 

 

Comme lorsque j’avais fait de l’aviron, j’ai demandé à ce que l’on me scotche la main gauche à la pagaie : mes doigts ne fonctionnant pas, je ne suis pas capable de la tenir, donc si je veux m’en servir quand même, obligée d’user du rouleau de strap !

 

Parée, notre guide derrière moi, les deux filles dans un autre kayak, nous sommes partis tous les quatre à la découverte du coin non sans charme. La nature, les canards, les maisons de castors, la villa de Céline Dion : le temps était cette fois encore en notre faveur et ce fut un vrai plaisir de profiter de cette parenthèse aussi calme que l’eau sur laquelle nous glissions.

 

 

Photo 1P2Vs/Barrons-nous, ne pas reproduire – Rivière des mille îles

 

 

Nous ne pouvions cependant pas nous éterniser, nos avions un emploi du temps serré. De retour sur terre, crochet par l’appartement de H. pour nous changer et direction le Centre Bell. Ce complexe aux proportions impressionnantes accueille tant le sport que des concerts ou autres événements. Mais ce soir là, nous y étions pour l’un des premiers matches de hockey de la saison, opposant l’équipe de Montréal à celle de Floride. Parce que de la même façon que nous n’aurions pas quitté le Canada sans avoir testé leur poutine, plat « typique », nous ne pouvions accepter de partir sans avoir assisté à un match du sport phare du pays.

 

Le lieu, situé en pleine ville, est parfaitement accessible et différents espaces sont prévus dans les tribunes pour les personnes à mobilité réduite, en fauteuil notamment. Normalement, et comme bien trop souvent à mon goût, il n’y a qu’un seul accompagnateur qui puisse être avec moi dans ce genre d’emplacement dédié. Parce que oui, je n’ai le droit qu’à un ami. Ou un parent. Heureusement, nous avons eu à faire à une nana particulièrement sympa qui a accepté que mes plus-de-un compères restent à mes côtés.

 

 

Match de hockey sur glace au Centre Bell
Photo 1P2Vs/Barrons-nous, ne pas reproduire – Match de hockey sur glace au Centre Bell

 

 

Pour ce qui est du hockey maintenant, et de la soirée du coup, je dois avouer être partagée. Très partagée. J’ai adoré autant que j’ai détesté. Détesté autant que j’ai adoré. D’un côté l’ambiance, la musique, la relation entre le public et les caméras, les joueurs et leur adresse sur la glace, tout ça était extraordinaire : j’ai chanté, dansé, ri et je me suis éclatée, vraiment. J’ai eu la preuve que ce que l’on voyait dans les films n’est pas exagéré : ça se passe réellement comme ça !

 

Mais d’un autre, j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal, lorsque les joueurs ont commencé à se battre pour rien (ou du moins pas grand chose) et que, pire encore, le public s’est levé… pour les encourager ! Jusqu’à entendre des « Tue-le, tue-le ! » Alors même si ça fait partie du folklore, suis-je rabat-joie si, à ce moment là, je dis que j’ai eu envie de m’en aller ? Pendant quelques minutes mon cœur s’est vu hésiter entre la colère et la tristesse d’assister à ce qui ressemblait à un cirque. Et je ne parle pas celui avec les acrobates et les clowns, je parle du cirque romain et de ses gladiateurs.

 

Cela dit, vous commencez à me connaître, j’ai décidé de ne garder que le positif au devant de la scène dans ma mémoire. Je resterai sur les sourires nombreux et larges qu’ont provoqués la découverte de ce sport, et de l’ambiance que les canadiens mettent à coup de chansons, de rires et d’applaudissements. Il m’arrive encore souvent d’avoir l’hymne de l’équipe de hockey de Montréal à l’esprit.

 

 

 

 

La journée s’est finalement terminée tard et lorsque nous sommes allés nous coucher pour y mettre fin, c’était la tête pleine d’excitation encore de tout ce que nous avions accompli. Voler, kayaker, encourager. Demain sera-t-il plus calme ? Pas sûre…

 

 

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