Photo Skyventure, soufflerie de montréal

Canada – J.9 (partie 1) SkyVenture, le vol en soufflerie

 

Si j’ai choisi le Canada pour le voyage de cet automne dans lequel j’ai embarqué ma compère S., c’est parce que ma meilleure amie y habite depuis plusieurs années. Photographes de talent, elle et son compagnon sont à l’origine de la page Facebook Barrons-nous qui explore les coins et recoins du Canada pour nous en faire partager les (magnifiques !) images.
Lorsque nous avons commencé toutes les trois à établir notre super planning touristique, elle nous avait réservé un jour « surprise », qu’elle organisait avec Laval Tourisme et à propos duquel nous n’avons pas eu ne serait-ce que l’ombre d’un indice. Enfin je vous l’écris, cette fameuse journée mystère !

 

Au matin du jour J donc, S. et moi nous nous sommes retrouvées en voiture les yeux bandés (parce qu’on ne rigole pas avec les surprises). Après une demi-heure de trajet et une fois notre véhicule garé, je dû faire mon transfert dans le fauteuil avec mon masque (au moins je pourrai désormais dire que je suis capable de le faire les yeux fermés). Bref. Un, deux, trois, après quelques minutes de suspense, nous avons l’autorisation de nous découvrir la vue. Au pied d’un gigantesque bâtiment neuf, gris et brillant, estampillé d’un logo qui ne fait que nous induire en erreur, les suppositions vont bon train. « SkyVenture ». Saut en parachute ? Vol en toile ? Nous entrons… Vol en soufflerie !

 

 

SkyVenture Montréal handicap
Photo « La Route accessible.com » – Bâtiment SkyVenture de Montréal

 

 

Le regard illuminé d’excitation, je me souviens de cette boîte que je mettais dans le jardin de mes Sims lorsqu’ils étaient devenus riches (ou que j’utilisais les codes de triche) dans laquelle ils se retrouvaient en combi ridicule pour voler. Je ne savais même pas, naïve que j’étais, que ça existait dans la vraie vie ! Non seulement je découvrais que c’est réel, mais qu’en plus j’allais le tester là, incessamment sous peu !

 

Après m’avoir posé un certain nombre de questions concernant mon handicap pour vérifier que j’étais apte à mener cette expérience sportive, nos deux instructeurs nous ont emmenées en « salle de classe ». Là, petit topo sur les règles à suivre, les postures à adopter et les signes à interpréter lorsque nous serons dans la soufflerie (dans laquelle le bruit de l’air qui circule est extrêmement fort.)

 

 

Signes soufflerie
Signes de l’instructeur à comprendre en vol

 

 

S.stressée, moi impatiente et H. fière de sa surprise (sans pour autant ne l’avoir jamais testée), nous allons enfiler nos habits futuristes pour de nouveau un look… particulier !

 

Casques, lunettes, bouchons d’oreilles, nous voici dans le couloir de départ. Je me retrouve assise au sol : l’un des instructeurs doit m’installer une double atèle qui permettra de positionner mes jambes de façon à ce que je n’ai pas à m’en occuper une fois en vol dans le tube de la soufflerie.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=ESXnazfG_us
Photo 1P2Vs, ne pas reproduire – Atèle handi en soufflerie

 

 

Je suis la première à me lancer (ou plutôt à être lancée). Nos deux meneurs me soulèvent pour m’emmener jusqu’à la porte au seuil de laquelle je sens l’air se déplacer avec une puissance qui n’arrive toujours pas à me faire peur. Sur le dos d’abord, j’ai les mêmes sensations que si j’étais allongée sur un matelas gonflable invisible… qui me pousse vers le haut ! À moins que ce ne soit le haut qui m’aspire ? Bref, une fois stabilisée, et toujours maintenue par le duo de pros, ils me mettent sur le ventre. Le but maintenant est d’adopter la posture idéale en faisant fi des joues qui donnent l’impression de vouloir se détacher de mon visage. Les bras ni trop allongés ni trop près du corps, le menton relevé, le dos cambré, mais pas de façon exagérée, on a tellement envie de faire bien que finalement l’on pense trop, et avant qu’on ai eu le temps de vraiment en profiter, les deux minutes du premier passage sont écoulées. Changement de voleur (en tout bien tout honneur).

 

 

vol en soufflerie
Photo Skyventure, ne pas reproduire – Certains sont plus à l’aise à d’autres, joli moment de complicité avec son instructeur.

 

 

La deuxième double minute est l’occasion de commencer à comprendre comment ça fonctionne, d’essayer de faire plutôt que de laisser faire. On regarde un peu plus l’instructeur et on prend le temps de se dire que, quand même, ce qu’on est en train de faire est assez fou. À cette pensée je me suis mise à rire ce qui, évidemment, s’est avéré être une assez mauvaise idée ! Si j’avais trouvé une position pas mal, là tout partait n’importe comment, ce qui était encore plus drôle (oui, je me moquais de moi-même, tout à fait). Je n’étais sur cette fois là pas du tout une élève concentrée, mais je m’éclatais ! Je prenais un vrai plaisir à faire cette activité, en deux mots : je profitais.

 

Au troisième et dernier passage, mon instructeur m’a propulsée plus haut dans la soufflerie, plus vite aussi, le tout en me faisant tourner. À cet instant, une musique s’est imposée en fanfare dans ma tête, celle-là même qui n’allait plus me quitter de toute la journée (ou presque) :

 

 

 

 

Parce que quoi dire de plus finalement ? Oui, on a vraiment l’impression de voler ! Parce que c’est le cas en fait ! Rien ne nous retient (à part les instructeurs quand il y a besoin, quand même) : pas de voile, pas de balai, pas de parachute, aucun matériel qui soit la cause du vol en lui-même, non. Juste… l’air, le souffle. Quant au handicap, on oublie qu’il existe puisqu’il n’est pas un obstacle ! Cela dit c’est vrai, valide ou non, quand on est débutant on ne maîtrise pas grand chose et on se met à admirer avec envie ceux qui en ont fait leur métier, qui se meuvent là-dedans comme si c’était d’un naturel, d’une normalité incontestable.

 

À la fin de l’expérience, les cheveux en bataille, les oreilles qui bourdonnent mais le sourire immense, nous avons eu du mal à ré-atterrir. Les sensations sont si fortes et se passent en un temps tellement court, qu’à la sortie, l’intensité du moment à du mal à se dissiper. C’est une impression étrange mais au combien jouissive. L’expression « planer » prend tout son sens je crois, et je n’avais pour ma part qu’une seule et unique envie alors : recommencer ! Avant même de quitter les lieux, je demandais des informations sur la présence d’une autre soufflerie en France et c’est comme ça que j’appris qu’il y en avait en fait plus d’une !

 

L’esprit rempli de rêves et de projets pour mon retour au pays, la journée venait cependant à peine de débuter… En attendant dites-moi en commentaire : est-ce que j’ai réussi à vous faire envie ?

 

 

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3 commentaires sur “Canada – J.9 (partie 1) SkyVenture, le vol en soufflerie

  1. Et bien , tu m’épates , cela dit cela ne m’étonnes pas de toi, oui tu nous as fait réver,tu as eu une belle expérience, ceci dit j’aimerais bien savoir ou se trouve d’autre souflerie, je ne suis pas sur d’etre aussi rassurer que toi. Bravo et bisous.

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