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Démarche écologique et handicap ne s’accordent pas.

 

En 2019, il est devenu logique, indispensable même, de veiller à notre impact sur notre environnement. Si l’on veut continuer à agrandir nos arbres généalogiques pour encore des générations et des générations, il va falloir prendre davantage soin de notre bonne vieille planète (en réalité pas si vieille que ça par rapport à certaines de ses voisines !). Mais que vient faire le handicap dans cette problématique ? Et bien pour ne pas changer de d’habitude, le handicap va légèrement modifier l’objectif écologique que je cherche à atteindre au quotidien. Parfois en bien. Parfois en moins bien.

 

Les dentifrices, savons et shampoings solides, les sacs en tissu pour faire les courses, le refus des publicités ou du courrier administratif en papier, le tri des déchets, tri régulier de la boîte mail, achats en vrac, j’en passe et des meilleurs, c’est possible pour chacun de nous. Que l’on soit en fauteuil, en béquilles, un bras en moins ou considéré comme personne valide, il n’y a pas grande différence.  

 

 

Nature

 

 

En revanche, je me suis rendue compte en essayant d’être plus responsable dans le sens écologique du terme qu’il y a un ou deux points sur lesquels mon fauteuil Albert, et ce qui résulte de sa présence, ont un réel impact.

 

 

Premièrement, le sondage.

 

Je vous en parlais dans l’article précédent, j’ai adopté (sans vraiment avoir le choix) l’auto-sondage. D’un côté l’économie faite sur le papier toilette en est considérable : il devient inutile avec cette pratique-là ce qui est, disons-le, plutôt cool. Pour vous donner une idée du peu de consommation que j’en fais, imaginez qu’un pack familial de 12 rouleaux acheté l’été 2015 (c’est moins cher que de les acheter deux par deux et ça limite la quantité d’emballage) je l’ai terminé l’année dernière seulement (en ayant souvent des invités) ! Un point écologique de pris.

 

Mais de l’autre côté… De l’autre et bien, je me retrouve chaque semaine avec une poubelle remplie de plastique que je ne peux ni éviter, ni diminuer, ni mettre au recyclage (ce serait sûrement possible en domaine hospitalier mais chez soi ?). Et ça m’agace, même si j’y suis résignée. Parce qu’il ne faut pas rêver, taper « sonde urinaire éco-responsable » dans Google n’amène à rien qui réponde réellement à la recherche. Pour le défi zéro déchet, on repassera. Y-a-t-il des solutions ? On ne peut certes pas créer des sondes réutilisables/lavables, ça manquerait cruellement de sécurité quant à l’hygiène interne. Des sondes en matières recyclées ? Ne serait-ce alors pas monter en gamme donc monter en prix ? Pour quelque chose que l’on utilise plusieurs fois par jour (et pour lequel nous n’avons pas d’alternative), pas sûre que ça fonctionne ! Le sondage donc…

 

 

Et autres déchets inévitables

 

Est-ce qu’on parle des notices de chaque boîte de sondes (entre six et huit par mois) qu’on ne lit jamais parce que si on en commande, c’est que l’on sait s’en servir (normalement) ? Est-ce qu’on parle des emballages de médicaments (car souvent le handicap amène son lot de petits cachets chimiques, j’en parle juste ICI) ? Est-ce qu’on parle des pièces de fauteuils, de prothèses ou autres qui sont bazardées en décharge au lieu d’être réutilisées (si ça n’est pas le cas pour toutes, c’est malheureusement une majorité, il n’y a qu’à voir la quantité de trucs cassés ou inutilisables tels quels que nous engrangeons en toute une vie d’handi).

 

 

écologique
« Planet earth trash » par Great Big Story

 

Et puis dans mon cas à moi, s’est posé aussi la question écologique dans mes déplacements, en France ou à l’étranger.

 

 

Blogueur voyage, gros impact ?

 

Au dernier salon des blogueurs de voyage, nous nous sommes retrouvés quelques-uns autour d’un déjeuner pour justement discuter du comportement à adopter. Le but ? Continuer notre activité tout en restant respectueux de l’environnement. Beaucoup ont ainsi parlé train et bus pour ne pas avoir à prendre l’avion ou la voiture (deux des plus gros pollueurs actuels). Sauf que. Très peu de bus sont réellement adaptés, les toilettes des trains ne sont jamais accessibles (et les arrêts en gares ne sont pas assez longs pour en profiter) sans compter qu’une fois sur place il est très difficile en tant que personne en fauteuil de ne compter que sur les transports en commun pour nous amener à droite et à gauche (avec les bagages, il ne manquerait plus qu’il pleuve avec ça !).

 

En y réfléchissant, j’avoue mal m’imaginer aller jusqu’au Brésil en bus, bateau puis taxi, sachant le temps et l’énergie que ça me prendrait (énergie que j’use plus rapidement que vous valide, même avec la meilleure volonté du monde). Ainsi me voilà à devoir choisir entre mon confort primaire (d’une vie déjà assez compliquée physiquement parlant) et ma conscience qui se rend compte de l’importance (et l’urgence) d’agir au mieux pour notre planète, chacun à son échelle.

 

 

Enfants perdus
Les enfants perdus ont déjà tout compris ! – Peter Pan des studios Disney

 

 

Faire au mieux avec nos possibilités

 

Ainsi et quoi qu’il arrive, s’intéresser et vouloir agir de manière écologique quand on est en fauteuil, ça n’est pas évident, frustrant même. Parce que quoi qu’il arrive, je dois prendre les ascenseurs, je dois utiliser du matériel médical, je dois me déplacer avec ma voiture… Alors je fais le reste, j’essaye. Je limite au maximum les déchets dans ma salle de bain (je n’y ai d’ailleurs pas de poubelle) et je me balade toujours avec un sac à dos derrière Albert dans lequel je glisse un tote bag, un verre en plastique et une paille en bambou. J’évite d’acheter des produits en suremballage (vivent le marché du dimanche matin et les boutiques de vrac) même si je suis encore loin d’être parfaite de ce côté-là (difficile de résister à l’appel des Dinosaurus ou de la tablette Milka Oréo). Je m’efforce d’accomplir tout un tas de petites choses à ma portée.

 

Bref, je fais ce que je peux, sans me demander si c’est vraiment utile (parce qu’évidemment que ça l’est : l’océan est fait de milliers de gouttes, chacune d’elle est importante, chacune d’elle compte, et c’est parce que chacune d’elle existe que l’on peut y voir un tout, l’océan.). Je ne veux pas savoir si c’est vain, je le fais, c’est tout. Comme je fais mon lit le matin alors que je vais le redéfaire le soir, comme je fais les poussières en sachant qu’une semaine plus tard, je devrai recommencer, comme je suis les panneaux de déviation alors que « si ça se trouve » j’aurais pu passer…

 

Et vous, c’est quoi vos gestes quotidien pour une démarche écologique ?

 

 

Arbres
À part caresser la mousse des arbres bien sûr…

 

 

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