Fauteuil roulant et covoiturage

 

Cet été, j’ai décidé de me balader un peu. Seulement quand on est en fauteuil roulant, ce n’est pas toujours évident ! J’ai bien pensé à prendre le train, mais en voyant les prix et toute l’organisation que ça demanderait, j’avoue avoir été un peu découragée. Contre l’idée de m’avouer vaincue, je me suis alors tournée vers une autre possibilité : le covoiturage !

 

J’avais souvent vu la publicité à la télévision, cela dit je n’y avais jamais pensé pour moi. Et puis, au début de l’été, des amis (dont un en fauteuil) sont venus me voir par ce biais là. Lorsque ce fut mon tour de me déplacer je me suis dit qu’après tout il n’y avait aucune raison que ça ne fonctionne pas pour moi ! Bon je vous rassure quand même, j’ai beau être une tête brûlée, je n’ai pas fait le premier trajet toute seule.

 

Alors ? Comment ça se passe ?

 

Déjà, quand en regardant les annonces, il y a certains critères qui rentrent en compte qui n’auraient pas d’importance pour des valides. D’abord il faut vérifier le type de voiture : ce ne doit pas être trop haut afin de pouvoir se transférer sur le siège auto sans peine. Il faut qu’il y ait assez de place pour les bagages plus le fauteuil plus les personnes (ça commence à faire beaucoup et dans une vieille twingo ou une punto, ça deviendrait compliqué…). Ah, à propos de fauteuil d’ailleurs… il est important de regarder la capacité du coffre. Il y a certaines voitures pour lesquelles le coffre est très petit ou peu pratique. Si jamais il faut ajouter plusieurs valises aux côtés de mon fidèle destrier, imaginez le casse-tête !

 

Bon, une fois que vous avez trouvé une annonce qui correspond au trajet que vous souhaitez faire, que vous avez vérifié la taille de la voiture, il faut bien se lancer non ? Une personne en situation de handicap ne pourrait pas réserver directement sans prévenir le conducteur de ce qui l’attend car un fauteuil n’est pas un moindre bagage. Il faut donc contacter l’initiateur du voyage en usant de tact et d’un peu de légèreté : montrer que nous ne sommes pas réellement « problématiques ». Pour ma part, j’ai trouvé un moyen de présenter la chose de façon à ce que ça paraisse anodin : je précise que j’ai un fauteuil (pliable) mais qu’il est propre et bien éduqué ; de ce fait, impossible qu’il pose le moindre soucis. Ceci dit, il ne faut pas se leurrer, nous aurons toujours droit à notre lot de préjugés. En général, les gens se divisent en deux catégories : il y a ceux qui s’imaginent que le fauteuil tient dans la poche et ceux qui au contraire, se figurent qu’il a à lui seul la taille d’une bibliothèque. C’est vrai que pour des personnes qui n’ont pas l’habitude, ce n’est pas évident de se représenter l’affaire.

 

Une fois prévenu, l’on nous répond donc soit négativement, soit positivement et dans ce dernier cas il n’y a plus qu’à réserver. Nous nous retrouvons au point de rendez-vous et c’est parti pour le voyage. Une fois le trajet entamé ? En ce qui me concerne, je n’ai vraiment pas eu à me plaindre ! J’ai participé à des covoiturage de deux à cinq heures de route et quelle qu’a été la durée, ça s’est toujours très bien passé. Il faut dire qu’une fois installée sur le siège de voiture et le fauteuil oublié dans le coffre, il n’y a plus rien de réellement choquant qui puisse rappeler que je ne suis pas comme celui qui est à côté de moi. Si toutefois il arrivait d’effectuer des pauses pour lesquelles je devais me remettre sur roues, il suffisait d’expliquer comment le fauteuil se dépliait ce qui n’est finalement pas plus compliqué qu’un jouet dans un Kinder surprise. Ce qui est appréciable, c’est que les gens qui étaient avec moi avaient rarement l’habitude du handicap et qu’ils ne me connaissaient pas. Du coup, ils s’inquiétaient peu et me laissaient faire mes transferts sans trop d’appréhension. Mais avoir l’air de savoir ce que je faisais les aidait aussi pas mal je crois.

 

En conclusion, il est vrai que le covoiturage c’est une bonne solution écologique et économique. Mais c’est aussi une solution insoupçonnée pour des gens en fauteuil de voyager quand même beaucoup plus facilement ! Je n’ai pas besoin d’un proche qui m’accompagne pour aller là où je veux aller, et ce n’est pas le nombre de kilomètres qui peut me freiner non plus. Quand ajouté à cela on se retrouve avec des gens enrichissants, que demander de plus ?

 

covoiturage magique

 

 

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2 commentaires sur “Fauteuil roulant et covoiturage

  1. (Joël) Daphnée, pour le covoiturage d'une durée de 5h env. : pas d'arrêt pour les "commodités" ? Car ça commence à faire long pour beaucoup d'entre nous… En parler, c'est toujours possible, avant ou pendant mais pour certains c'est pas si simple : on rentre dans la sphère privée et rentrer dans les détails peut nous faire prendre pour un extra terrestre !

  2. Ben en général, le conducteur de lui-même fait une pause sur un trajet aussi long. Sinon, rien n'empêche de demander un arrêt sans pour autant donner tous les détails 😉 En ce qui me concerne, ça ne m'a encore jamais posé de problème.

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