foulées d'octobre rose

Les foulées roses du Berry, toutes à la même couleur !

 

Il s’est passé tellement de choses ce mois-ci que me voilà à vous en parler trois semaines plus tard, histoire de ne pas vous submerger. Aujourd’hui donc, petit compte rendu d’une expérience menée le 08 octobre dernier : les foulées roses du Berry.

 

« L’octobre rose », c’est le mois consacré à la sensibilisation du dépistage au cancer du sein. Sont ainsi organisées un peu partout en France des foulées féminines. D’où mon envie de participer à l’une d’entre elles, ouverte à toutes. Parce que soyons clair, il s’agit davantage d’une manifestation solidaire que d’une course, heureusement : ça évite que je franchisse la ligne d’arrivée seule une heure après les autres n’est-ce pas ?

 

 

Tortue

 

 

Non, ce genre de cause doit être défendable par tout individu qui souhaite y prendre part. C’est comme ça que, malgré le fait que ce soit réservé aux femmes, j’ai quand même vu passer des hommes (habillés en nana, parce qu’il faut faire les choses jusqu’au bout !) J’ai doublé et me suis faite doublée par tous les âges, toutes les nationalités, des poussettes, des fauteuils, des chiens auxquels les maîtres avaient enfilé un T-shirt de l’événement… Ah bien oui, parce que nous avions des T-shirts en plus… et devinez sa couleur ? Rose évidemment ! Pas rose pâle ou rose Barbie non, un rose bien pétant qu’on ne loupe pas. Nous étions en tout 5 314 participantes à nous lancer dans un parcours de cinq kilomètres : belle marée monochrome.

 

Si je me suis jointe à cette matinée exceptionnelle, c’est pour deux raisons. La première est que j’avais envie de prendre part à un mouvement qui ne soit pas en rapport direct avec le handicap cette fois, un mouvement pour lequel je sais que les gens ont conscience que ça les concerne tous. Évidemment que le handicap aussi concerne chaque individu, le cancer du sein lui-même apporte son taux d’invalidité, seulement ça, ça n’est pas encore compris par tous. Nous n’en sommes pas au même stade du combat.

 

 

Foulées roses du Berry 2017

 

 

La seconde raison pour laquelle j’ai participé à ces foulées a été le défi. Je voulais faire cette distance seule, prouver que j’en étais capable. Bon en même temps je ne prenais pas grand risque non plus : je savais le chemin lisse et relativement plat. Mais vous savez ce que l’on dit non ? Mieux vaut commencer petit et évoluer au fur et à mesure, que de voir trop grand au début et échouer !

 

À mon arrivée sur les lieux, avec une amie et mon paternel que nous avions enrôlé pour faire des photos, je ne saurais dire ce qui était accessible ou non. Comme je le disais plus haut, nous étions beaucoup dans un périmètre restreint et quand il fallut aller chercher nos dossards, il était difficile de faire attention à ce qui nous entourait sans bousculer quelqu’un, sans rouler sur des pieds dans mon cas. Heureusement lorsque les foulées se sont finalement lancées, le flot de T-shirts roses s’est peu à peu étalé et s’est fluidifié. Je n’avais donc pas de mal à rouler parmi les autres participantes.

 

Tout au long de ces cinq kilomètres, nous sommes passés devant des maisons décorées et du public qui nous encourageait. C’était incroyable de voir à quel point les habitants de la ville avaient pris cet événement à cœur ! Nous nous sommes amusés de voir les rôles s’inverser : pour une fois c’était les femmes qui courraient ou marchaient, et les hommes qui regardaient. Certains avaient installé des tables de fortune devant le portail de leur maison pour servir de l’eau à celles qui en auraient besoin. Il y avait aussi de la musique, des bulles, des clowns (oui tout à fait)… Un vrai bol de bonne humeur !

 

 

Photo 1P2Vs, ne pas reproduire

 

 

Pour ce qui a été de mes foulées à moi, il y a bien un moment où j’ai eu envie de pleurer. Pas parce que je n’y arrivais pas. Mais parce que justement c’était le cas. Je m’explique. C’est en fait assez facile pour moi de rouler sur du bitume lisse et plat. Bien sûr que lorsque se présente une légère montée je peine davantage : lorsque vous êtes en randonnée en montagne par exemple, vous n’avez pas la même attitude sur les sentiers sans dénivelés que lorsqu’il vous faut grimper un chemin escarpé ? C’est aussi ça le plaisir de ce genre d’activité. En fauteuil c’est pareil, il y avait des parties un peu moins évidentes mais j’étais loin, très loin d’être en difficultés, et ça me faisait du bien de donner de mon énergie ainsi. Or sitôt que je n’avançais plus « assez vite », les gens s’inquiétaient pour moi et voulaient m’aider. C’était généreux de leur part, mais il n’était pas aisé pour moi de justifier mes refus tout en fournissant un effort physique (quelqu’un qui parle trop, vous le mettez à faire ses abdos et vous ne l’entendrez plus !)

 

Vers la fin, j’avais du mal à passer une petite pente, mais j’allais la passer : à mon rythme, voilà tout. Sauf que dans l’euphorie ou la précipitation du moment je ne sais pas, une inconnue a commencé à me pousser sans même me demander mon avis « Je vais vous donner un coup de main ! ». Alors dans cette même précipitation, j’ai freiné des quatre fers en disant que non, surtout pas, ce qui je crois a été pris comme un manque d’amabilité de ma part. Mais ce défi, c’était mon défi. Je voulais arriver au bout au même titre que toutes les autres femmes ce jour là. Je ne voulais pas être l’handicapée qui se fait pousser mais juste… une participante. Sans que l’on me rende une dépendance dont je n’ai pas besoin. Allez expliquer ça avec calme et gentillesse quand vous êtes pris de cours alors que vous êtes déjà en train de solliciter toutes les capacités de vos poumons !

 

 

Gif respire
Gimli dans le Seigneur des anneaux « Continue de respirer. C’est la clé. Respire. »

 

 

Je n’en veux pas à cette dame d’avoir fait ça, elle a été altruiste, comment le lui reprocher ? Mais ce sentiment d’incapacité que cette situation a provoqué en moi a été dur à chasser et à réprimer. Encore aujourd’hui à y repenser, le mélange d’émotions qui m’a submergé alors revient et me coupe le souffle. Je n’ai même pas expliqué ça à mon amie, ni à mon père d’ailleurs, parce qu’enfin je ne suis pas sûre de pouvoir le faire comprendre, même en écrivant cet article. Souvent on me demande quelle attitude adopter face aux handis. La vérité c’est qu’il n’y a pas de règles. Si j’avais été en chemin pour un rendez-vous et que j’étais en retard, j’aurais sûrement été soulagée de l’initiative de cette dame : comment elle ou un autre peuvent-ils deviner ? En règle générale, je conseille toujours de proposer son aide, non de l’imposer, mais quand la situation ne s’y prête pas ? Vous avez une chance sur deux…

 

Bon cela dit je suis arrivée au bout, j’ai réussi. Nous avons été, je le réécris, 5 314 à réussir, encouragées par les pères, les frères, les maris, les copains et tant d’autres. Tous unis pour un même objectif, pour une même cause. Cette journée a été pour moi une preuve de plus quant à la bonté présente en l’être humain. De quoi reprendre un peu foi en l’espèce ?

 

L’année prochaine, je me ferai faire une pancarte « Don’t worry, I’m wonder woman » et je retournerai faire ces foulées !

 

 

Wonder Woman
En rose on a dit, en rose !

 

 

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2 commentaires sur “Les foulées roses du Berry, toutes à la même couleur !

  1. bon ben voilà c’est ce que j’allais écrire: pour l’an prochain tu te mets une pancarte au c…. du fauteuil avec une phrase du style  » je veux faire le parcours toute seule – sans aide SVP – merci »
    et voilà!
    parce qu’on va y retourner et participer.
    Sinon c’était effectivement super. Autant de gens. Autant de bonne humeur. Autant de ….solidarité.
    ClearVador

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