Heureuse musique

 

Tout le monde court toute sa vie pour la même chose. L’être humain cherche ce qu’il appelle le « bonheur » sans savoir de quoi il est fait. Étant un éternel insatisfait, il se dira toujours qu’il y a mieux. Alors qu’est-ce que ça veut dire ? 

Est-ce que quelque part la personne handicapée, pauvre, malade ou autre est condamnée à ne jamais le connaître ? Pour quelque chose qui doit évoquer une idée positive je trouve ça un peu triste. En réalité, je vais vous dire une chose, quitte à sortir une banalité d’un optimisme maladif : le bonheur est partout tout le temps pour chacun de nous. Et s’il passe parfois inaperçu c’est uniquement parce qu’il est éphémère. Rien n’est moins éternel que ça et c’est pour cette raison qu’il nous est si précieux. Ainsi donc, je vais vous prouver que ne pas pouvoir sauter de joie n’empêche en rien ce sentiment. Comme la musique adoucit les mœurs, je vais vous montrer tout cela grâce à quelques morceaux bien choisis.

 

Il y a quelques jours, j’ai eu l’envie de prendre ma douche en mettant mon répertoire de chansons sur mon téléphone en mode aléatoire. Quand soudain, alors que j’étais sur le point d’entamer mon shampoing, résonne ceci :

 

 

Fermez les yeux, écoutez et imaginez. L’eau chaude coule le long de votre corps, le savon  forme une douce et épaisse mousse sous vos doigts. Rien d’autre n’existe alors que cet enchaînement de notes car à cet instant, à cet instant très précis, vous êtes bien. La fatigue, la douleur, le handicap, plus rien n’existe et inconsciemment vous obéissez à ce chanteur : « Don’t worry, be happy ».

 

Passons maintenant à un autre bonheur. Vous savez, celui qui vous envahit quand arrive à vos oreilles LA musique : celle qui parle un peu à votre place, celle-là même qui marque un souvenir ou une période de votre vie dont vous ne voudriez-vous défaire pour rien au monde. En tant que personne non-valide, je dirais que celle-ci me permet d’oublier cet accident et ses conséquences car elle symbolise ce que j’étais juste avant :

 

 

Elle me rappelle que justement, il y en a un d’ « avant » et qu’au-delà d’être en fauteuil, je suis d’abord « moi ». Maintenant, il est vrai que le titre résume parfaitement mon présent « Drôle de vie » : les coïncidences font parfois des liens intéressants !  Bref, je l’entends, et automatiquement, le moral est là !

 

Et puis il y a ces bonheurs qui ne durent que quelques secondes, ceux qui obéissent au fameux « Carpe Diem ». Vous êtes en train de faire ce que vous faites chaque jour – ou presque –  à cette heure-là, en écoutant distraitement le son de la radio. Vous parvient alors une mélodie qui stimule votre esprit : elle vous fait bouger la tête, vous rappelle quelqu’un, ou quelque chose et en regardant un peu autour de vous, vous vous rendez compte qu’elle colle parfaitement à l’instant présent. Vous voici projeté dans un film avec le fond sonore correspondant à la scène :

 

 

Lorsque celle-ci résonna, j’étais à travailler en salle de kiné. Je me suis arrêtée, ai regardé la salle et ce que j’y ai vu m’a apaisé. « Baby, my baby dont care for shows » le soleil qui traverse les fenêtres en rependant sa timide chaleur de mois d’octobre, « And he dont even care for clothes » les ombres créées par les feuillages formant de belles ombres abstraites, « He cares for me my baby don’t care for cars and races » le silence studieux des patients concentrés « My baby dont care for » entrecoupé par les explications des intervenants  « He dont care for high-tone places » les coups d’œil qui veulent tout dire,  rires muets entre compagnons de galère… Et piano… Paisible moment où l’on se dit que tout est à sa place, vite oublié après avoir été stoppé par un éclat de voix, l’entrée de quelqu’un, ou tout autre élément perturbateur, même infime. C’est court, souvent ça nous échappe, mais quand ce bonheur-là, nous arrivons à l’attraper, nous nous surprenons à penser que rien ne manque.

 

Et oui, être heureux n’est pas un statut, c’est un fait parfois de longue durée, parfois à peine perceptible mais quelle que soit sa nature, il est là. Le bonheur n’est pas parfait car s’il devait l’être, il serait utopique. Comme me le disait une personne que j’aimais énormément : « c’est à toi de trouver tes petits soleils, et tu verras que si tu regardes bien, il y en a plein ! »

 

 

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commentaires

1 commentaire sur “Heureuse musique

  1. Tu es une drôle de fille….Si jeune et tu as tout compris.
    La vie va t'emporter vers un avenir que tu n'imaginais pas, mais il va être beau, il va être lumineux, il va être grand car tu es une GRANDE, une COURAGEUSE, une NOBLE personne.
    Comme t'y es belle!
    Allez… Djobi Djoba
    S.

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