Journée #SANSLIMITES de l'ADAPT

Journée #SANSLIMITES de l’ADAPT : vol en soufflerie, deuxième.

 

Par un concours de circonstances assez étonnant et dix jours à peine après avoir découvert l’existence du vol en chute libre d’intérieur, je me suis retrouvée de nouveau dans les airs, à la soufflerie de Paris cette fois-ci.

 

Dans le cadre d’une journée de sensibilisation au handicap, l’ADAPT (Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées) avait invité plus de soixante-dix personnes à tenter l’expérience, les neuf dixièmes étant handi. Parmi les visages connus, notre championne de France handisport de voltige (saut acrobatique en parachute) Hayette Djennane, la première femme handi (au monde) pilote de voltige aérienne Dorine Bourneton, l’athlète handi-natation et acteur dans Vestiaires Olivier Pleindoux (de Vestiaires, il y avait également Anaïs Fabre, valide mais figure handi malgré tout)… Bref, ça en faisait du monde ! Bien sûr, nous ne nous sommes pas tous retrouvés en même temps : nous étions répartis dans la journée par petits groupes. Comme j’étais dans le dernier et qu’habitant loin de Paris je ne pouvais être présente dès le matin, j’ai loupé pas mal de personnes qu’il m’aurait plu de rencontrer mais je me dis que ce sera pour une prochaine fois.

 

 

Gif Exactement
Série Doctor Who

 

 

Le but de cette manifestation était de montrer au grand public autant qu’aux autres handi ou qu’à nous-mêmes que quelle que soit notre particularité, la vie regorge de choses à offrir que nous pouvons faire et dont nous pouvons profiter. Le hashtag #SANSLIMITES était de rigueur et même s’il est très généraliste, il est ce que chaque être humain devrait garder à l’esprit, dans un coin de la tête qui ne s’oublie pas. Bien sûr que nous ne faisons pas tout de la même façon qu’un valide, ni même qu’un autre handi parfois, mais nous le faisons et il est temps que cette vérité entre dans la conscience collective. Le handicap n’est pas une fin. Un frein oui mais une fin certainement pas.

 

Pour la deuxième fois donc, j’ai ré-enfilé une tenue de guerrière des airs, ré-écouté le briefing des gestes à comprendre quand le souffle du tube (et les bouchons d’oreilles) nous empêche d’entendre quoi que ce soit et je me suis re-présentée devant la porte d’un sas en tout point similaire à celui de Montréal.

Et comme lorsque j’y ai goûté de l’autre côté de l’Atlantique, j’ai adoré, comment pourrait-il en être autrement ? Comme ça n’était plus ma première fois, l’appréhension qui crispe malgré soi dans ces cas là ne s’est pas montrée. J’étais détendue, plus sereine, et de ce fait j’ai réussi à prendre le temps de comprendre la façon dont le souffle me portait. Je pense m’en être de ce fait un peu mieux sortie que quelques jours plus tôt. En terminant, même bilan cependant : le sourire jusqu’aux oreilles et les cheveux ébouriffés avec une seule envie, celle d’y retourner.

 

Aller plus loin, aller plus haut, aller plus longtemps.

 

 

Gif Dumbo
Dumbo, film de dessin animé Disney

 

 

Maintenant concernant la structure parisienne, comparée à la montréalaise, j’avoue avoir été moins conquise. Elle se situe dans un centre commercial et nous avons été quelques uns à avoir l’impression d’être des singes en spectacle, c’était étrange. Je ne me souviens pas des noms de mes instructeurs non plus. Ils ont beau avoir été très sympas, les pauvres étaient un peu dans le rush de cette journée folle et nous n’avions pas le temps de discuter avec eux. C’est sûr que lorsque l’on a découvert la chose en étant quasi seule sur toute une matinée, on se met à avoir des exigences de princesse, j’ai conscience que le contexte n’était absolument pas le même et ne les en blâme pas.

 

Non, le seul vrai reproche que je ferais, à part l’emplacement étonnant du tube, c’est l’absence d’équipement de vol handi. Ici pas de harnais dont je vous ai mis une photo JUSTE LÀ , mais seulement des scratchs histoire de maintenir les jambes ensemble. Or clairement, le confort n’est pas le même : cette fois j’ai senti que mes guibolles avaient des velléités de partir n’importe comment et j’ai eu à m’en préoccuper en plus du reste. J’ai trouvé cela très dommage parce qu’à côté de ça, le bâtiment dans lequel nous nous trouvions paraissait relativement récent et tout y était aux normes : grand vestiaire, grands toilettes, beaux ascenseurs, rien à redire de mon côté.

 

 

Soufflerie de Paris
Photo 1P2Vs, ne pas reproduire. Soufflerie de Paris – Accueil vestiaires

 

 

Abordons maintenant l’événement en lui-même : je salue la montagne de travail que l’ADAPT a fourni pour nous offrir une telle journée ! Avec la venue de Sophie Cluzel secrétaire d’Etat aux Personnes Handicapées et de Laura Flessel, ministre des sports, le matin était déjà bien mouvementé, journalistes compris. Et comme je le disais, c’était plus de soixante-dix personnes qu’il fallait faire tourner sur un temps limité, chacune avec son handicap auquel s’adapter. Il y a eu des photos, il y a eu des vidéos, des posts Facebook, des interviews… Une salle avait été réservée dans laquelle nous pouvions boire un coup : de l’eau au café en passant par les sirops et les jus de fruits. Ce que j’ai trouvé encore mieux ? L’appareil qui fonctionnait comme un photomaton et qui permettait de se faire tirer le portrait avec ses équipiers aux couleurs de l’événement. Si ça c’était pas top quand même !

 

J’ai regretté tout de même n’être restée qu’une heure ou deux à peine sur place et le fait que ce soit un peu un défilé : on arrive, on fait notre truc et au suivant. J’ai manqué d’une convivialité avec les autres handi présents. Après j’écris ça mais j’ai conscience qu’il serait difficile de faire autrement : on ne va pas mettre une table gigantesque et s’asseoir autour pour manger tous ensemble. Ça, ça ne tiendrait que s’il y avait une pièce aux mêmes capacités que le sac de Mary Poppins : qui s’agrandit en fonction de ce que l’on veut y mettre dedans. Sur ce point, je n’ai pas de solution, si ce n’est de me débrouiller pour venir tout du long la prochaine fois qu’une manifestation du genre se fera. Avec un million de cookies en poche. Oui parce qu’il est de notoriété publique que partager des cookies est le meilleur moyen de réunir des gens. Enfin il y a les crêpes ou la raclette aussi, mais ce serait moins pratique.

 

Dans tous les cas, je tiens à insister sur toutes les belles initiatives de ce genre que je vois fleurir de plus en plus en faveur des personnes ayant un handicap. L’ADAPT, l’APF mais aussi plein de petites associations inconnues donnent de leur temps et de leur énergie pour une cause qui, je ne dirai pas le contraire, mérite que l’on s’y investisse !

 

 

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