La balnéothérapie : piscine, chat, frites et rééducation.

 

Que ce soit l’hiver comme activité sportive ou l’été comme détente ou rafraîchissement, la piscine n’a rien d’un lieu extraordinaire. Ce qui est peut-être moins dans les esprits c’est qu’à côté de ça, elle est un outil de rééducation non négligeable malgré qu’elle soit source d’une organisation digne d’un départ en week-end lorsqu’on est handi. Explications.

 

Dans mon centre de rééducation initial, la piscine est au même étage que le sont les chambres et l’on y accède par les mêmes couloirs. Ainsi il suffit de se préparer dans son antre et de se rendre ensuite là-bas en maillot de bain et peignoir. La première fois que j’y suis allée est venue tardivement par rapport au début de ma rééducation car il fallait que je sois capable de me transférer correctement de mon fauteuil à la chaise de déplacement. Une fois dessus, un jeu de chaînes attaché à un bras robot la soulève pour l’emmener au-dessus de l’eau et finalement la redescendre et l’y déposer. Je n’avais pas la maîtrise de mon corps que j’ai aujourd’hui et une fois dans le bassin, je m’en sortais encore moins bien qu’un chat qu’on aurait tiré de son sommeil pour le balancer là. Je ne parvenais pas à coordonner le peu de muscles que j’avais pour me maintenir la tête à l’air libre et ça, ce fut une claque. Enfant j’avais fait plusieurs années de natation, compétitions comprises mais peu importe les médailles et distinctions : aujourd’hui si je tombe à l’eau seule, je ne tiendrais pas plus de dix minutes. Quinze peut-être parce que je me suis (un peu) améliorée. Il fallait donc constamment que je sois accompagnée d’un kiné ou d’un responsable a.p.a (activité physique adaptée). Autrement je finissais comme ça :

 

 

piscine
Un canard qui sait pas nager, et ouais….

 

 

Au début, pour des patients qui comme moi, ne peuvent rien faire sans y passer en autonomie, il y a les étirements. L’eau permettant de détendre davantage les muscles, certains mouvements deviennent plus commodes à exécuter. Durant les premiers temps on ne fait souvent que ça par manque d’habitude, la fatigue nous gagnant vite. Vraiment très vite. Sans parler de la spasticité qui décide parfois de faire des siennes, rendant tout exercice particulièrement pénible. Mais petit à petit, en travaillant, en s’exerçant, le quart d’heure devient demi-heure, la demi-heure heure et les possibilités se multiplient.

 

De l’horizontal avec une bouée, trois frites et un kiné, on passe au vertical sans aides matérielles et en solo. Mais entre l’un et l’autre il peut se passer des mois, même des années pour ma part. Une fois « debout » accrochés à la barre, la gravité est quasi inexistante, rendant un peu plus faciles les mouvements d’entraînement des muscles même faibles. Alors on lève une jambe, on la repose. On lève l’autre jambe, on la repose, on tend, on tire, et l’on ne se rend pas compte. Portés par l’eau, ça semble « aller tout seul » alors qu’en fait on bosse bien plus qu’on ne le soupçonne. C’est certes un piège mais en même temps ça permet de faire beaucoup sans peiner à ce point (pas tout de suite du moins). Il existe beaucoup d’outils de rééducation utilisables en piscine et j’ai vu pas mal de patients travailler sur le vélo immergé par exemple.

 

Dans le deuxième centre où je suis allée, l’organisation n’était pas la même. Comme dans une piscine publique, il fallait passer au vestiaire avant, ça c’est une chose (le maillot de bain sous les vêtements et c’était rapide) mais au retour surtout, et là c’était pesant. Il fallait se laver et se rhabiller dans les vestiaires installés dans des fauteuils résistants à l’eau donc bien différents de ceux dont on a l’habitude. Moins pratiques, moins fiables… On en avait pour le double du temps habituel, le double d’énergie aussi. Pour rentrer dans le bassin c’était aussi un autre fonctionnement : il suffisait qu’on nous aide à descendre une pente qui menait dans l’eau avec le fameux fauteuil prévu pour et de se laisser glisser une fois arrivés à un niveau acceptable.

 

Là-bas il y avait des barres parallèles pour travailler la marche me permettant moi de découvrir d’autres exercices et d’autres méthodes dans ce même élément (quoique salé celui-ci puisque près de la mer) et je pus profiter de jets avec lesquelles la kiné pouvait me faire des massages décontracturants… Car allons, pas toujours tout dans l’effort !

 

Mais que ce soit ici ou là-bas, eau salée ou eau chlorée, tel ou tel exercice, avec kiné ou avec responsable a.p.a, quoi qu’il arrive la piscine est un lieu de rééducation très bénéfique et j’ai rarement (jamais en fait) entendu quelqu’un me dire que ça lui avait été inutile. Difficile ça oui, mais inutile certainement pas.

 

 

piscine rééducation 

 

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1 commentaire sur “La balnéothérapie : piscine, chat, frites et rééducation.

  1. L’eau quelle soit de mer, thermale ou même naturelle dans un torrent de montagne par exemple a toujours des bienfaits quelquefois insoupsonnés. Alors il faut en profiter au maximum dès que cela est possible. Handicapé ou pas cela permet de se ressourcer et d’y puiser de nouvelles forces.
    Elle devrait être « O-BLI-GA-TOI-RE » (air connu). Et même remboursée par la sécu !
    Bon bains !
    ClearVador

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