L’accessibilité… à moitié !

 

Vous vous souvenez la dernière fois, je vous parlais d’accessibilité en ce qui concerne les maisons et les appartements. Depuis m’est revenue à l’esprit l’une de mes aventures. J’étais invitée chez une de mes amies.

Elle avait emménagé dans un appartement alors que j’étais déjà en fauteuil roulant, et lorsque l’on en avait parlé je me souviens qu’elle était toute contente de me dire « il est accessible, tu vas pouvoir y venir ». Alors c’est ce que j’ai fait. Seulement, je suis profondément persuadée que les constructeurs de l’immeuble ne connaissent pas de personnes en fauteuil roulant. Visiblement ils n’avaient pas jugé bon de se renseigner. Pourquoi ? Deux éléments principaux.

 

  • Le premier : pour accéder au bâtiment, il faut descendre une série de marches, une dizaine je dirais. Vous vous dites à tous les coups il n’y a rien d’adapté pour moi ? Et bien si ! Un magnifique plan incliné en béton, bien visible et bien indiqué. Aucun souci n’est-ce pas ? C’était sans compter le degré de la pente. Idéal pour les luges des enfants en hiver (et encore),  mais pour un fauteuil seul ce n’était même pas la peine d’envisager la chose ! Pour vous donner une idée, j’ai dû descendre en marche arrière les mains sur les freins, une amie qui me retenais derrière et une autre qui surveillait devant. Je vous assure qu’à ce moment-là je ne faisais pas vraiment la fière. Même si j’avais eu mon fauteuil électrique, je ne m’y serais pas risqué,  de peur de basculer soit en avant soit en arrière selon dans quel sens j’aurais décidé de la descendre.
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  • Le second : l’ascenseur. Enfin arrivée dans le hall d’entrée, je cherche des yeux les portes qui me mèneraient dans les étages. Et quand je vous dis je les ai cherché c’est vraiment parce que petites comme elles étaient, ce n’était pas si évident de les trouver. Je m’avance, j’appuie sur le bouton, attends patiemment l’ouverture et là que vois-je ? Une boîte de sardines taille humaine ! Je n’ai pourtant pas un fauteuil très large mais la façon dont il a fallu que l’on m’insère dans cet espace exigu pourrait à elle seule être le sujet de tout un sketch. Illustrons. Vous êtes sur le point de partir en vacances, vous venez de caser la dernière valise dans votre coffre. La moindre petite parcelle d’espace est utilisée, et vous pensez intérieurement que si les objets avaient dû respirer, ils n’en n’auraient même pas eu la place. Vous visualisez bien ? Et votre moitié qui vient de fermer la porte d’entrée, qui revient au pas de charge avec un gros sac de sport rempli et vous dit que vous l’avez oublié malgré son indispensabilité, vous la visualisez aussi ? Parce que nous sommes tous pareils : à cet instant précis, vous regardez le coffre, vous regardez le sac, et vous décidez soudain d’occulter toutes vos années d’expérience au Tetris en essayant de caser cette chose par tous les moyens, à grand renfort de coups de pieds et  d’épaules. Et bien là moi j’étais un peu ce sac et l’ascenseur c’était un peu le coffre de votre voiture. Voilà.
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Bon en vrai on a beaucoup rigolé, mais dans les faits, je trouve cela assez incroyable. Il y avait le financement et les possibilités pour faire un immeuble accessible, et même dans ce cas de figure, que dire d’autre sinon que ça été bâclée ? C’est ça, c’est le mot : « bâclé ». Mon amie était si heureuse de me dire que je pourrais venir la voir sans aucun souci ! Je suis presque plus déçue pour elle que pour moi. Disons qu’avec son aide je pourrais toujours lui rendre visite. Mais qu’est-ce qui se serait passé si j’avais essayé cette pente seule ? Si j’avais eu un fauteuil plus gros ? Si j’étais restée coincée dans l’ascenseur ? Si personne n’avait pu me remonter du plan incliné ? N’est-ce pas finalement plus dangereux que lorsque ce n’est pas accessible du tout ? Car lorsqu’il est indiqué que c’est accessible, nous devrions pouvoir faire confiance en ces installations.

 

Non seulement la France est très en retard sur le sujet, mais c’est qu’en plus elle n’est pas bien maligne ! Je crois que le handicap a vraiment du souci à se faire pour l’avenir…

 

 

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