1 mois 2 fois par an, retour en rééducation. Une corvée ?

 

La semaine prochaine je retourne en centre de rééducation pour un mois. Ce que j’avais déjà fait en mars dernier et ce que je referai deux fois par an maintenant. Lorsque j’annonce ça, je vois passer dans les yeux de mes interlocuteurs comme une ombre de compassion. Sûrement parce qu’ils ne se doutent pas que je suis en fait impatiente d’être à la date de départ.

 

Mais avant de vous expliquer pourquoi, je dois vous prévenir que pour cet article et contrairement à d’habitude, je ne parlerai pas de façon générale. Les ressentis que je vais vous donner sont liés à mon handicap, mes capacités, mon histoire et ma rééducation. Ce n’est pas une opinion majoritaire, ce n’est que la mienne.

 

Ceci étant dit, allons-y.

 

D’abord si j’y vais de façon aussi régulière c’est avant tout par obligation physique plus que pour n’importe quelle autre raison. J’ai ce que l’on appelle de la spasticité. Pour faire simple j’ai beaucoup de muscles qui ont tendance à s’enraidir quand ils ne travaillent pas de façon intensive. La spasticité a d’autres conséquences mais elles sont bien moins importantes me concernant et concernant les raisons de mes stages. Ainsi donc je deviens « raide » et une ou deux heures de kiné libéral par semaine n’y changent rien. C’est comme si vous vous leviez le matin tout engourdi sans jamais pouvoir vous étirer. Mais en pire. En vraiment pire. Bref, retourner au centre ça permet de faire mon sport, de me déplier et de me dépenser. Or ça, quand ça fait six mois que vous ne l’avez pas fait, et bien c’est une délivrance. Clairement.

 

 

I

 

(Il y a un truc génial avec ce gif, c’est de le regarder en écoutant de la musique qui bouge. Voilà moi ça m’a fait rire. Sur ce, la suite.)

 

 

En parlant de sport ! Il n’y a pas toujours d’endroits adaptés dans les villes pour en faire et s’il y en a, pas toujours pour celui qui vous plaît. Par chez moi j’ai du basket fauteuil, pas l’idéal pour une tétra, et de l’aviron, sympa en été mais bien moins à partir du moment où il fait plus frais. Et puis c’est quelque chose que j’aime en tant que loisir pas en tant que sport. Par contre, aucune équipe de rugby fauteuil à l’horizon . Quant à aller dans une piscine, ce serait possible mais de façon tout à fait personnelle je ne veux pas me retrouver dans l’eau avec une personne qui ne me connaît pas à 100% et en qui je n’aurais du coup pas entièrement confiance. Au centre je n’ai pas à me poser ce genre de question tant au niveau matériel qu’au niveau humain.

 

Il faut dire aussi que je ne retourne pas dans n’importe lequel : c’est celui qui a fait suite à l’hôpital, lorsque j’étais encore dans un état assez lamentable il faut le dire. Celui dans lequel j’ai passé 22 mois et qui m’a vu me remettre semaine après semaine. Je sais que ça peut paraître étrange car il devrait symboliser une période de ma vie difficile mais en réalité c’est l’un des lieux dans lesquels je me sens le mieux. Que ce soit les aide-soignantes, les infirmières, les kinés, les ergos ou les responsables apa (activités physiques adaptées), je les ai côtoyé tous les jours pendant si longtemps ! C’est grâce à eux que j’en suis là où j’en suis aujourd’hui, ils m’ont aidé à me battre. Ils sont comme ma deuxième famille : nous nous parlons beaucoup, nous nous embêtons souvent, il est arrivé que nous nous prenions la tête mais finalement nous sommes contents de nous retrouver et de nous tenir au courant de la vie des uns et des autres. Du moins il me semble. Alors oui c’est vrai que là-bas je me sens bien, à une place que le handicap ne donne aucune impression de ne pas être mienne et il est à mes yeux comme un cocon sécurisant.

 

Et puis de façon un peu égoïste aussi, pendant un mois ça me permet d’oublier les soucis avec les gens, avec l’administratif ou le projet pro pour me remettre dans une bulle, ne m’occuper que de mes jambes et ça aussi, ça fait du bien… Ça me permet de me prouver que je n’ai pas abandonné, que je continue à surveiller le moindre petit changement susceptible de me relever un jour.

 

Alors oui, je refais de la rééducation, non ça n’est pas une corvée et oui j’ai hâte. Mes muscles surtout.

 

 

ready to go

 

 

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1 commentaire sur “1 mois 2 fois par an, retour en rééducation. Une corvée ?

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