Se coucher

 

Vous vous souvenez quand je vous parlais de l’aventure que devenait le simple fait de se lever ? Mais si, c’était dans cet article-là : Se lever. Bon et bien maintenant que vous l’avez en tête, rappelez-vous ces moments où vous revenez d’une dure journée et que vous rentrez dans votre chambre et entendez votre lit vous parler : « Tiens, te revoilà mais que vois-je ? Tu m’as l’air si fatigué et moi je suis si vide pourtant si moelleux, si douillet, si confortable… Allez, viens, tu en meurs d’envie… Viens, tu seras si bien… » (et ne me dites pas que vous ne voyez pas à quoi je fais référence, c’est si moche de mentir) Donc je ne vous décris pas la suite :

 

 

Bref voilà, vous avez les deux ingrédients qui vous mènerons à cet éclair de génie « Mais ! Bien sûr ! Le handicap, mais comment font-ils? » Ahah, comment faisons nous… Ici encore, les possibilités sont nombreuses, autant qu’il y a de styles de handicap. Mais comme je vous parle de ce que je connais et vis, prenons le cas d’une personne en fauteuil roulant avec plus ou moins de force dans les bras. Puis revenons à cet instant fatidique où, éreinté par tous les efforts fournis depuis votre réveil ce matin, votre literie vous invite à tout laisser tomber pour entrer en hibernation (et ce quelle que soit en réalité la saison). Et bien certes, vous décidez de céder à la tentation et de vous coucher. SAUF QUE. De la décision à l’objectif, il y a plus d’un pas (ou d’un coup de roues).

 

Aventure n°391 des 14 dernières heures :

 

Étant donné que vous ne pouvez pas vous relever toutes les cinq minutes, sachez que si vous vous couchez, vous le faites pour un certain temps (la nuit bien souvent). Ainsi tout doit être prêt. C’est un peu comme lorsque vous partez en vacances, que vous devez faire votre valise et que vous avez toujours peur d’oublier quelque chose. Dans votre tête, vous vous mettez en mode « check list« . Vous devez vous assurer que chaque objet dont vous aurez besoin au cours de la soirée soit à votre portée sans pour autant vous gêner lors de votre transfert puis de votre installation. Pour illustrer, c’est à ce moment très précis que votre chambre se transforme soudain en supermarché : vous passez par tous les endroits et empilez sur vos genoux là le pyjama, là la bouteille d’eau, ici le livre, sans oublier la planche de transfert par ici, le portable par là… Ensuite, il faut vous préparer à aller (enfin) au lit. Créneau du fauteuil bien au bord du lit (mais pas de trop quand même pour qu’il ne devienne pas un problème), ouverture du lit, mise à niveau du lit, transfert sur le lit (l’un des derniers efforts de la journée). Ce meuble banal devient le temps d’un instant, le centre de votre monde. Terminé ? Ça dépend… Vous dormez tout habillé vous ? Et allez, c’est part pour les dix minutes de gym du soir afin d’enlever vos vêtements, les poser quelque part où ils ne finiront pas en chiffon, d’enfiler votre apparat nocturne, vous métamorphoser en ver pour réussir à vous glisser sous le drap ou la couette. Avec tout ça, vous avez intérêt à avoir une literie robuste !

 

se coucher 2

 

Concluons ainsi, même quand la fatigue se fait sentir et même si vous pensez que votre journée est terminée, vous n’avez jamais vraiment fini tant que vous n’êtes pas sur le point de fermer les yeux, prêt à vous endormir aux côtés de Morphée (ou de qui vous voudrez).

 

Edit 2016 : La rééducation continue, même la période en centre loin derrière. Alors en faisant chaque jour ce qu’il y a à faire, on s’entraîne, on se perfectionne, on apprivoise et on s’améliore. Aujourd’hui donc, je me mets en pyjama avant de me mettre au lit, comme tout le monde et si j’oublie quelque chose je me relève, comme tout le monde (avec une majoration énergie, voilà tout). Victoire !

 

 

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1 commentaire sur “Se coucher

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