La spasticité, cette ennemie attachante

Et si aujourd’hui nous faisions un petit point de vocabulaire ? Et si aujourd’hui je vous parlais d’une amie, autant qu’elle peut être une ennemie ? Et si aujourd’hui je vous parlais spasticité ?

Spasticité n.f – Lésion de la voie pyramidale (faisceau de fibres nerveuses commandant les mouvements volontaires). [Larousse]

Mais non, ne vous inquiétez pas, je ne vous laisse pas avec juste cette phrase barbare ! Voyons…

« La spasticité est un phénomène musculaire qui définit une tendance d’un muscle à être contracté. Elle est d’origine neuro-musculaire, soit à cause d’un problème nerveux touchant les moteurs des muscles à commande volontaire, ou bien un problème au niveau du passage d’information entre le nerf et le muscle. » [Femme actuelle]

Là. C’est mieux ? Allez, je vous explique ce que c’est au quotidien.

La spasticité, au premier abord, on aurait tendance à la haïr. Vous voyez le matin, quand vous vous sentez tout tendu et que ça vous amène à la nécessité (et le bonheur) de vous étirer ? Et bien imaginez vous sentir comme ça sans jamais pouvoir y remédier. Sympa non ? Cette raideur continuelle, en plus de ne pas être bien agréable, empêche la fluidité des mouvements : il devient difficile de se « déplier ». Étendre les jambes, tenir son dos droit, ouvrir ses doigts… Mais il n’y a pas que ça. La spasticité, c’est aussi (parfois) des mouvements incontrôlés, des réflexes du corps qui n’est pas de notre volonté. Bon nous n’en sommes pas à Gilles de la Tourette non plus, je vous vois venir. Non parce que la plupart du temps, il y a une cause à ce phénomène : par exemple si je me cogne le pied, ma jambe va se lever avec un mouvement de recul (un peu comme lorsque vous vous brûlez ou quand vous avez peur) et c’est comme ça avec tout. Si je mets ma main dans une eau trop froide, mon bras va « sauter » pour l’en sortir. Et ça peut être une aide (oui tout à fait) : lorsque je n’avais pas encore retrouvé toutes mes sensations, le fait que mon corps réagisse indépendamment de ma conscience m’a permis de ne jamais me blesser sans que je ne m’en aperçoive. Alors du coup, ça n’est pas si détestable que ça la spasticité ? Non, ça n’est pas si détestable.

Car à force de la côtoyer, nous apprenons à l’apprivoiser, à la prévoir, la sentir venir et… à nous en servir ! Car en contractant un muscle ou en faisant tel mouvement, nous savons peu à peu la déclencher, la solliciter. Pour quoi faire ? Aider à monter la jambe quand il faut s’asseoir dans la voiture ou se mettre dans le lit par exemple. Sans elle, ma jambe gauche ne serait pas capable de grand chose. Avec elle, j’ai une force en plus qui me permet de soulever le dit membre. Pour mettre les chaussures notamment, c’est quand même mieux.

Cependant lorsque ce phénomène est vraiment trop présent, quand il nous recroqueville, nous contracte et nous rend aussi souple que le manche d’un balai, ça devient tout suite plus difficile. Et pour y remédier, il n’y a pas de secret : il faut étirer les muscles, s’en servir, se dépenser. Oh bien sûr il y a des solutions plus radicales. L’injection de toxine botulique (qui endors le muscle pour les cinq mois à venir) ou carrément l’opération pour couper un ou deux nerfs (tout de suite plus définitif), mais c’est passer à un autre niveau.

Finalement ça semble un peu étrange mais ma spasticité donne une personnalité à ma jambe faible. Lorsque je l’ai trop faite travailler, j’ai droit à un clonus (trépignement du pied), lorsque je ne l’ai pas assez reposée (manque de sommeil), je peine à m’en servir tellement elle se contracte, quand je suis pieds nus et qu’elle rencontre un objet sur le sol qui me chatouille, elle part « en live »… Presque je m’y attacherais (presque). J’ai tellement pris l’habitude de vivre avec que non seulement j’ai oublié ce que c’est de ne pas en avoir, mais qu’en plus sans, je crois que j’aurais l’impression qu’il me manque quelque chose…

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commentaires

5 commentaires sur “La spasticité, cette ennemie attachante

  1. Très sympa ton article!
    J’adore ta description!

    Moi j’ai des spasmes mais selon le neuro ce n’est pas de la spasticité même si ça y ressemble.
    Par contre, c’est vrai que moi il n’y a pas toujours un déclencheur à part peut être la volonté de mon corps de me rendre folle!!

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