Un doigt de pied, un bonheur

 

 

 

 

Allez, on met en route la musique, on prend son temps, on lit, on comprend puis on se laisse porter par la mélodie et les mots…

 

Aujourd’hui, je vais vous parler non pas avec humour, mais avec amour. Non pas en partant de tous pour arriver à des situations de gens dans mon état, mais plutôt en partant de moi pour vous laisser imaginer ce que nous pouvons ressentir à certains moments. Parce qu’être en situation d’handicap, ce n’est pas toujours « avoir moins », mais c’est parfois avoir l’occasion de vivre ce que les gens dits « normaux » ne connaîtront jamais…

 

Être tétraplégique et se remettre petit à petit, c’est avoir le privilège de connaître de petits bonheurs inégalables dans le monde. Comment faire comprendre aux gens l’émotion que l’on peut ressentir lorsque pour la première fois, quelque chose re- fonctionne ? Je ne pense pas qu’il existe de mots pour décrire cela. Je me souviens encore quand j’étais à l’hôpital, lorsque mes jambes étaient alors entièrement paralysées, de ce moment, de ce tout petit moment où, tout d’un coup, mon grand orteil droit s’est remis à bouger, comme ça : juste comme ça

 

Et là, ressentez : vous avez le cœur qui explose. Vous percevez le mouvement, puis vous le voyez mais vous n’y croyez pas vraiment, car à cet instant, tout en vous est altéré y compris la moindre once de logique. Alors vous avez besoin de quelqu’un pour vous dire que cela est vrai. Une fois que votre témoin a confirmé que ce n’est pas un rêve : ce sont pleins d’émotions qui vous viennent, qui vous attrapent, qui se mélangent et qui vous submergent. C’est pourtant trois fois rien : cela vous annonce le début d’une longue route, difficile et indéfinie. Seulement cette réalité est à mille lieux de votre esprit. Parce qu’à cet instant très précis vous vous rendez compte que tout est possible, que vous pouvez vous remettre, et que vous avez le droit d’espérer. La suite du chemin vous paraît plus claire et vous vous permettez à entrevoir un avenir. Vous êtes heureux tout en ayant un peu peur, vous ne pouvez que sourire mais les larmes ne sont pas loin, vous êtes soulagé mais d’un autre côté vous avez soudain envie que tout aille plus vite.

 

Un jour je me suis surprise à dire «  je fêterai le jour qui verra mon deuxième premier pas » et plus le temps passe plus je suis persuadée que ce jour-là sera le plus beau de toute une vie, un jour où tout le monde ne pourra qu’envier ce que je ressentirai car ce sera un sentiment unique. Un sentiment impossible à avoir sans être passé par un combat comme celui que bien des gens subissent.

 

Et si je ne me remets pas debout ? Je connaîtrai les mêmes joies que vous, en les savourant peut-être davantage car la valeur en sera toujours toute particulière… Mais ne soyez pas gourmands : ça, ce sera le sujet d’un autre article !

 

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5 commentaires sur “Un doigt de pied, un bonheur

  1. Merci. Je ne cherche pas forcément à faire relativiser, chaque soucis a une importance puisqu'il est considéré comme étant un soucis. Et qui peut se permettre d'imposer une échelle, serait-ce seulement possible ? Non, je veux juste toucher les gens pour qu'ils puissent comprendre un peu mieux ceux qui les entourent 🙂

  2. Je ne l’avais pas lu celui là.
    Je suis daccord avec toi on vit parfois des choses que des personnes non handi/malade… n’auront jamais l’opportunité de connaitre et c’est petites bulles de bonheur ce sont les notres et qu’est ce qu’elle font du bien.

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