Voiture et handicap, comment est-ce que ça se passe ? #1 Adaptations

 

D’ici quelques semaines nous allons nous retrouver dans l’été, avec ses rêves de voyages et ses vacances tant attendues. Mais déjà entre deux périodes d’examens / jours de boulot / fériés overbookés (rayez les mentions inutiles), on pense organisation, histoire de se faire patienter et de ne pas se retrouver sans logement ou moyen de locomotion la veille de partir. L’année dernière, je vous avais parlé de mes escapades rendues possibles grâce au covoiturage. Cette année, bébé a grandi et il a décidé de ne plus se faire conduire, mais bien de conduire lui-même. Explications.

 

Bon, c’est sympa d’avoir le permis, mais quand on veut une voiture maniable malgré son handicap, il faut opérer à quelques légers changements de commandes, autrement il risque de ne pas servir à grand chose. Appuyer sur les pédales de frein, d’accélérateur ou d’embrayage quand on ne maîtrise pas ses jambes ou ses pieds, ça pourrait être un tout petit peu compliqué quand même. Alors il faut aller dans une auto-école qui a une spécialisation voitures adaptées ou être dans un centre de rééducation qui la propose.Et c’est là que les festivités commencent.

 

Avec une ergothérapeute, il va falloir faire le tour des adaptations qui existent, tester celles qui correspondent à votre handicap et finalement opter pour l’une d’elles avec laquelle vous vous sentez le plus à l’aise. Dit comme ça, ça n’a pas l’air bien compliqué, sauf qu’en fait il existe bien plus de possibilités et donc de choix que ce qu’on pourrait croire. Et ce pour chaque détails.

 

  • Les pédales. Comme elles n’ont pour nous que peu d’intérêt, il faut que toutes les commandes normalement situées aux pieds se retrouvent au niveau du volant. Pour cela, j’ai vu deux des possibilités les plus courantes. En premier, le cercle. Soit sous le volant sois dessus, il permet de remplacer l’accélérateur lorsque l’on pousse dessus. Le second pour lequel j’ai opté, le levier. Situé à droite ou à gauche selon la main qui devra l’utiliser, il sert à la fois de frein et d’accélérateur selon l’angle qu’on lui donne. Le mien par exemple est un « baisser/pousser » qui permet à la voiture de prendre de la vitesse quand je le baisse, d’en perdre quand je le pousse. Il existe aussi des tirer/pousser, des baisser/tirer… Tout dépend des capacités et du confort de chacun. Évidemment concernant l’embrayage là, il faut avoir une boîte automatique.

 

 

  • Le volant. Le problème c’est qu’avec une main sur le levier ou sur le système de frein pour ceux qui ont un cercle, il n’en reste plus qu’une pour tenir le volant. Pour ceux qui n’ont pas de préhension, est alors installée « une fourchette » pour caler la paume dedans. Autrement, on a le droit à une jolie petite boule style poignée de placard. Elles peuvent être toute simple ou elles peuvent comprendre également les boutons pour les clignotants, les essuie-glaces et le klaxon (voire plus). Ben oui parce qu’avec un levier pour s’insérer sur l’autoroute par exemple, si déjà d’une main vous accélérez et que de l’autre vous tournez le volant, difficile d’enclencher le clignotant sans perdre de la vitesse ! Ou il faut s’habituer à jongler.

 

 

  • L’entrée. Parce que c’est bien gentil de pouvoir conduire une voiture, mais si on ne peut pas rentrer dedans, ça risque de poser problème. Là encore, plusieurs possibilités : rentrer à l’arrière du véhicule et être aux commandes dans son fauteuil, se transférer sur le côté avec une planche / avec nos bras / avec une petite plateforme en métal et dans l’un de ces derniers cas, soit plier le fauteuil et le mettre derrière avec nos petits muscles, soit avoir un système qui s’en charge si on a pas la force nécessaire. Mais dans ces cas là, est-ce qu’on prend un bras qui se met dans le coffre ou au niveau de la banquette arrière ? Opte-t-on plutôt pour le coffre de toit avec robot et place pour le fauteuil intégrés ? Est-ce qu’on le prend manuel ou électrique ?

 

 

Bref, passons un peu la technique, et disons que ça y est, vos choix sont arrêtés sur tel et tel outil. C’est bien beau tout ça, mais encore faut-il savoir s’en servir. C’est donc reparti pour des heures de conduite avec un moniteur d’auto-école, vous ramenant à une période que vous pensiez avoir oublié. Comme lorsque vous comptiez encore vos heures de route sur les doigts d’une main, vous mettez parfois une demie-seconde à réfléchir afin de ne pas confondre frein et accélérateur, pour parfois vous tromper malgré tout. Les rond-points vous semblent être de nouveau bien compliqués et vous tentez de les éviter tant que c’est possible. Quant aux manœuvres, vous vous y prenez en 10 fois pour de toute façon abandonner et vous garer de travers en vous disant qu’après tout, « ça ira bien ».

 

Après s’être exercé (environ une demie douzaine d’heure), passage devant un examinateur. Heureusement pour certains, il n’est pas là pour faire repasser le permis avec les pièges, les questions et le parcours interminable. Non, là c’est très rapide : un petit tour pour vérifier que vous n’êtes un danger ni pour vous ni pour les autres, un créneau pour la forme et c’est plié. Si vous n’avez pas grillé un feu rouge ou si vous n’êtes pas rentré dans le lampadaire de la rue d’à côté, vous recevez quelques jours semaines plus tard un permis flambant neuf avec, au dos, des codes correspondant à vos modifications de véhicule.

 

Satisfait ? Sûrement. Suffisant ? Pas encore. Car c’est maintenant là que commence a vraie quête du Graal : la voiture.

 

Prenons le cas où vous avez décidé d’avoir un véhicule normal dans lequel vous conduisez sur un siège normal, votre fauteuil relégué en bagage. Même si dans le principe vous pouvez acheter n’importe quel véhicule pour le faire ensuite adapter, est en réalité faite une pré-sélection obligatoire. Sont donc à éliminer d’office les voitures trop basses,trop hautes, trop petites (cause matériel handi et liberté de mouvement pour les transferts), trop vieilles, avec des boîtes qui ne sont ou ne peuvent être automatiques, avec des sièges baquets (histoire de transfert toujours)… Ensuite il y a des critères personnels par rapport à son propre handicap et éventuellement après tout ça, à vos goûts. En ce qui me concerne, j’en ai rempli des grilles comparatives, sans parler des sites des différentes marques sur lesquels j’étais à un moment donné presque plus souvent que sur facebook ou ma boîte mail !

 

Après c’est vrai que pour certaines personnes qui ont les adaptations les plus simples ou les plus répandues, elles peuvent trouver une voiture d’occas’ mais pour moi, c’était impossible (et je ne suis pas la seule du tout). Alors voiture neuve (larmes versées face au compte en banque) donc attente…

 

Deux mois plus tard la voilà, direction un garage spécialisé pour les modifications requises (ce qui ne cours pas les rues) Dix jours de bricolage et deux heures de réglage du bras robot chargeur de fauteuil plus tard ça y est !

 

Fin du chemin de croix, clés en main et liberté.

 

 

Quoique… Attendre trois ans de pouvoir reconduire et le jour où je récupère enfin l’objet tant convoité, blocage côté essence, c’est moche…

 

Et sinon vous avez vu le titre ? Ce n’est que le n°1 : je compte écrire encore sur le thème donc n’hésitez pas à venir poser toutes les questions qui vous passent par la tête sur la page facebook (ou directement ici)

 

 

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commentaires

4 commentaires sur “Voiture et handicap, comment est-ce que ça se passe ? #1 Adaptations

  1. Ho ça me rappelle des souvenirs!!
    Il va d'ailleurs que j'y repasse parce que je pense que j'ai besoin d'adaptations supplémentaires pour un être prudente et deux pas me retrouver un jour à ne plus pouvoir me déplacer avec mon destrier.
    Mais j'avoue que pfff, pas motivée!
    En tout cas savoure, c'est trop bon quand on reprend le volant (même si au début perso j'étais plus très à l'aise!)

  2. Oui, il y a un Crohn avec qui j'ai discuté il n'y a pas longtemps qui a pris des certaines adaptations "par prudence" aussi… Mais c'est vrai que toutes les démarches c'est épuisant et tellement loooong !
    Et bien bizarrement je n'ai pas peur et oui, qu'est-ce que c'est bon de retourner sur la route !!

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