Efforts cachés et réflexions déplacées

 

« Et bien on ne peut pas dire que ça transpire par là ! »… Mais… Qu’est-ce que tu en sais ? Cette semaine je vais aborder travail invisible (ou bien caché) et délicatesse. Et ça n’a peut-être pas l’air comme ça, mais c’est tout un programme !

 

Lorsque j’ai kiné le matin, c’est souvent le même rituel : avant de commencer le moindre exercice, il faut étirer les muscles. Alors je m’allonge sur le plan de travail et c’est parti pour la mise à l’épreuve quotidienne de ma souplesse. Après ça, abdos. Or ce n’est pas avec le peu que j’ai (bienvenue dans le monde merveilleux des para et tétra) que je peux me soulever énormément. Du coup, que ce soit pour ça ou pour ce dont je vous parlais avant, et bien oui, je parais bien installée, couchée à ne pas faire grand chose.

 

 

 

 

Sauf que si, je bosse. Si, je peine et si, ce que je fais a une réelle utilité. Et il est extrêmement déplaisant lorsqu’on met toute son énergie à faire ce qui ne semble pas grand chose déjà pour soi-même, qu’un idiot passe à ce moment-là en lançant avec un humour douteux que « ça va, ça ne se fatigue pas trop par ici ». C’est sûr que pour quelqu’un qui a « juste » un bras en écharpe, avoir l’impression d’avoir couru un cent mètres à pleine vitesse rien qu’en essayant de se tenir droit plus de trois minutes, c’est une notion difficile à comprendre. Mais dans ces cas-là, pourquoi dire quoi que ce soit ? On se retrouve rarement en séance de rééducation pour ne rien faire.

 

En activité physique adaptée, je « joue » aux fléchettes, debout grâce à un fauteuil qui me verticalise. Et c’est vrai que l’on rit beaucoup. Ce qu’il ne faut pourtant pas oublier, c’est que j’ai beau m’amuser, à partir du moment où je suis sur mes pieds, les efforts fournis par mon corps sont bien là, même invisibles. C’est un travail conséquent tant pour mon cœur (tension) que pour mes os (renforcement) ou mes muscles (étirement).

 

Et puis parfois on force trop, on donne tellement à vouloir faire ce qui est possible que l’on se contracte jusqu’à ce qu’on se retrouve avec des contractures plein les épaules (ou ailleurs). Essayez de fournir un travail efficace alors que vous avez les muscles noués : pas facile, douloureux même. Alors il faut s’en débarrasser, et pour ça il n’y a pas trente-six solutions. C’est parti pour une séance de massage. Ça vous fait rêver ? Oui en général, les gens qui nous voient se faire « papouiller » par nos kinés nous envient… jusqu’à ce qu’ils voient nos têtes. Parce que pour défaire un nœud, il faut aller dessus, le trifouiller jusqu’à ce qu’il se dénoue. Autrement dit, il faut appuyer là où ça fait mal. Et ça vous fait tout de suite moins rêver n’est-ce pas ? C’est un peu comme marcher sur votre cheville foulée, ou donner un grand coup à l’endroit de votre bras où vous vous êtes fait une belle ecchymose la veille. Plaisant à souhait. Très loin du côté détente des spas !

 

 

Si seulement…

 

 

En ergo, ça se fini souvent avec des jeux de société : cartes, pions et autres. Dans la salle au même moment, certains patients poussent des cubes pour les faire tomber dans une boîte pendant que d’autres attachent des épingles à linge à une structure en bois ou font du coloriage. Retour à la maternelle ? Non plus. Ré entraîner les doigts à se fermer, à attraper, à tenir, à déplacer, à écrire, … Déraidir un coude qui a été cassé, une épaule opérée ou un bras malade. Re muscler les mains à faire des gestes du quotidien (car oui, ça peut se perdre aussi)

 

Donc non, on ne fait pas « rien ». Et que ce soit la souffrance de l’effort ou la difficulté du geste demandé, c’est vrai que ça ne se voit pas toujours. Mais si nous pouvions faire toutes ces choses sans peine aucune, nous ne serions certainement pas là.

 

 

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1 commentaire sur “Efforts cachés et réflexions déplacées

  1. hé oui c’est comme tout: il faut prendre la peine d’observer et de chercher à comprendre avant de juger…..
    Pas simple. Et même en le sachant des fois on réagis « à l’emporte pièce ». Et après c’est trop tard.

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