Les joies des petites maladies hivernales

 

Il n’y a pas encore si longtemps, j’ai rencontré une nana qui est en fauteuil pour paraplégie incomplète (cause accident), pas si éloignée de mon cas du coup. De ce fait, nous pouvons parler de tout en sachant que l’autre est capable de comprendre de la façon la plus entière qui soit, ce qui finalement est rare. La dernière soirée que nous avons passé à discuter, nous en sommes venues à aborder le sujet des maladies. Pas des gravement sérieuses, juste les « petites », les vicieuses, celles d’hiver qui ne durent que quelques jours mais dont on se souvient. Gastro, Rhino, Rhume, Grippe et compagnie : hey ho hey ho on t’empêche d’aller au boulot.

 

 

maladies handicap

 

 

Et ça a dû me porter un peu la poisse parce que cette semaine, c’est mon tour. J’ai pourtant l’habitude de dire que je suis rarement malade. Seulement « rarement » ne veut pas dire « jamais » : bingo on y est ! Et parce que je ne fais rien comme tout le monde, je ne peux pas être soignée comme si j’avais la gastro, la grippe ou autre parce qu’à chaque fois je n’ai que la moitié des symptômes (ce qui est déjà bien assez) Alors je vais avoir le mal de crâne mais sans fièvre ou je vais avoir des maux de ventre sans vomir (ou inversement). Mais l’avantage d’en avoir discuté avec une autre handi, c’est que je vais pouvoir vous faire un article lui bien entier. Poésie nous voici (et par égard pour nos fiertés respectives, je ne préciserai pas qui a eu quoi)

 

Aller, on va enlever le sparadrap des trucs honteux tout de suite comme ça ce sera fait. Commençons par les selles. En cas de constipation, deux possibilités : pour ceux qui ne peuvent pas évacuer seuls quand c’est trop conséquent, obligés de faire appel à un(e) infirmier(e) pour extraction manuelle, je passe sur les détails. Pour ceux qui peuvent se débrouiller, ben c’est comme les valides : deux heures dans les toilettes il y a quand même plus sympa comme passe-temps…
En cas de diarrhée, sensations ou pas sensations, autonomie ou pas autonomie, le résultat est souvent le même. Parce que déjà qu’une personne sans handicap n’a parfois pas le temps d’arriver à destination alors une qui en a (avec fauteuil) vous imaginez bien que le temps de faire le transfert… Et là les solutions n’ont rien de réjouissant : il y a passer la journée sur une chaise-pot (ou sur les WC), mettre une couche (sentez-vous intelligent) ou…ben c’est tout…en fait…chouettes moments en perspective. Inutile de préciser qu’alors, mal de ventre ou non, faim ou non, vous enchaînez bols de riz et bananes, histoire de mettre un terme à ce calvaire le plus vite possible.
Pour finir dans le charmant, les vomissements. Promis après on parle de choses qui ne vous couperons plus l’appétit. Comme un valide, si on ne le sent pas venir, on s’en met partout et même si on réussi à épargner les vêtements en se mettant sur le côté, le fauteuil, lui, s’en sort rarement indemne. Problème : vous quand ça vous arrive, un tour à la douche, vêtements propres et on n’a rien vu. Nous même après un nettoyage en bonne et due forme, les pneus et le coussin du destrier gardent l’odeur. Forcés de récurer à coup de produits bien chimiques qui sentent tout aussi fort. Pour la discrétion on repassera. Bon après il faut voir le côté positif d’être sur roues : on se trimballe avec la bassine sur les genoux et hop ! On ne se fait plus avoir pour cette fois là, il n’y a qu’à baisser la tête.

 

Et vous l’aurez peut-être deviné avant que je l’écrive mais quelque soit la situation vécue dans toutes celles survolées ci-dessus, inutile de penser à sortir de chez soi. Le resto entre copains, le shopping avec maman ou les heures de routes pour aller à un spectacle ce sera pour plus tard. La maison devient prison : alors, heureux ?

 

 

maladies handicap

 

 

Mais c’est pas tout ! Là je vous ai parlé des pires situations, des plus embêtantes, des moins avenantes. Mais quand s’ajoute à l’une d’elles des maux de têtes ou de ventre, un nez qui coule, une gorge prise, l’absence de faim ou au contraire les fringales… Même si ça ne change pas toujours grand chose entre un valide et un handi, ça a une influence sur beaucoup plus ennuyant pour nous quand même : la fatigue. Car souvenez-vous ce que je vous écrivais sur ce point là : ça a une conséquence sur notre mobilité, sur nos transferts, sur notre concentration bien plus que chez n’importe qui. Alors déjà qu’en temps normal, le handicap ça se supporte 24h/24h mais quand physiquement on est ralenti par une maladie, c’est encore pire. C’est surmontable mais c’est éreintant. C’est ajouter à la pénibilité déjà quotidienne de notre situation. C’est comme si un jour où il fait particulièrement froid, on vous confisquait vos vêtements. Histoire que vous la sentiez bien passer, cette température négative.

 

(Du coup j’espère ne pas trop m’être embrouillée à l’écriture de cet article et que vous comprendrez bien parce que mon cerveau, lui, n’est pas très très clair…)

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