debout

Et si dans mon appart’ d’handi j’étais de nouveau debout ?

 

Il y a de cela quelques semaines, je me faisais la réflexion en me baladant dans mon appartement que si je me trouvais de nouveau debout, adieu handicap, j’aurais beaucoup de petits changements à y apporter. Parce qu’on parle souvent d’adaptations pour handi, mais parlons-nous d’adaptations… Pour faciliter la vie aux valides ? Non n’est-ce pas ? Et bien moi, rebelle du peuple à roues, je vais m’y coller.

 

[Attention pour ceux qui seraient un peu moins optimistes que l’optimisme de ce blog optimiste d’une optimiste, sachez que j’écris cet article avec beaucoup d’amusement, non par désespoir d’une vie que je n’ai plus.]

 

Problèmes de taille…

Évidemment, si j’étais une jeune femme d’un mètre soixante, il y aurait sûrement moins de décalage avec ce que j’imagine de mon mètre soixante-seize ! Ajoutez à cela des talons, même peu hauts, et je passe d’une taille enfant à ce qui me semble un point de vue de géant !

 

Ainsi faudra-t-il rehausser tout ce que mon Bob le bricoleur perso a abaissé pour le fauteuil ? Le plan de travail de la cuisine, les plaques de cuissons, les étagères des différents placards, le lavabo de la salle de bain… ? Parce qu’enfin si je laisse tout ainsi, je me casserais le dos non ? En même temps quand j’y pense, aucun des copains ne s’est jamais plaint de mes aménagements, pourtant certains sont bien plus grands que moi. Alors est-ce par respect pour ce qu’implique mon handicap ? Je ne crois pas, ils ne se seraient pas gênés pour râler, je les aime aussi pour cela.

 

 

Alice
Alice au pays des merveilles, Studios Disney

 

 

Bon, donc on ne touche pas aux… hauteurs ? Des aménagements. Bien. Mais quelle place je gagnerais à me débarrasser de mon fauteuil d’Albert ! Non parce que les manœuvres sur roues obligent à avoir de l’espace et donc à limiter déco et nombre de meubles. Ce qui signifie que debout, à moi les tapis (sur lesquels on roule mal), les lampes sur pied et grands porte-manteaux à l’ancienne. Pour combler la place que laisserait la disparition du fauteuil électrique, je pourrais rajouter une bibliothèque supplémentaire dans mon bureau (et donc acheter encore plus de livres, héhé). Je gagnerais également quelques casiers et étagères où sont aujourd’hui rangés du matériel handi (coussin de rechange, chambres à air de secours, trousse de clés Allen, ancien anti-bascule gardé « au cas où »…)

 

Mais revenons à la cuisine. Aujourd’hui, si je me mets devant le plan de travail sous lequel il y a des tiroirs, je peux poser quelque chose dessus, mais si je le mets au fond (contre le mur), je vais quand même peiner à le récupérer. De ce fait, ça n’est même pas la peine d’envisager le fait de fixer des étagères aux murs contre lesquels sont installés mes meubles de cuisine. Perte de nombreuses possibilités de rangements encore une fois.

 

Ah ! Toutes ces hauteurs que, debout, je pourrais exploiter ! J’arrêterais de choisir telle buanderie, telle commode ou buffet pour sa taille : elle va jusqu’au plafond ou presque ? Où serait le problème ? Au pire du pire je prendrais une chaise et je monterais dessus pour atteindre les derniers niveaux, voilà tout.

 

Et petits détails quotidiens !

À propos de chaises ! Je serais contrainte d’investir dans un fauteuil de bureau… Parce que mine de rien Albert n’est pas qu’un fauteuil roulant : c’est aussi une chaise de cuisine, un tabouret de bar, une assise au restaurant, une place de cinéma… et un fauteuil de bureau donc ! Exit les quelques chaises pliables moches que je garde pour les invités, il faudra penser à acheter du confortable solide (non, je ne mangerais pas debout, ça vous étonne ?)

 

 

via GIPHY

 

 

Ce qui me ferait vraiment plaisir (outre le fait même d’être sur mes deux jambes), ce serait que je me cognerais certainement moins (quoi que) et que je pourrais repeindre le petit couloir qui mène à mon bureau sans avoir peur d’y laisser une trace de fauteuil dès le lendemain !

 

Je pourrais regarder dans le judas pour voir qui sonne à ma porte mais je devrais me baisser pour voir les images de la caméra de l’interphone (qui est à hauteur de fauteuil). Mon chat ne pourrait plus passer tout l’après-midi sur mes genoux (et se faire trimbaler d’une pièce à une autre sans effort) mais je pourrais la prendre dans mes bras en la portant. Je ne gagnerais plus aux chaises musicales mais je pourrais passer des heures à bouquiner assise en tailleur sur mon lit ou perchée sur le rebord de la fenêtre comme lorsque j’étais ado. Je serais obligée de me baisser pour prendre une paire de chaussettes dans mon armoire mais mes serviettes de toilette dans la salle de bain seraient pile au niveau de mes yeux.

 

Il faudrait que je décolle le miroir qu’il y a derrière la porte de ma chambre pour le remonter un peu aussi, histoire de voir ma tête (pas que ce soit indispensable mais bon, pour le principe du miroir de plein pied…).

 

En conclusion, le jour où une personne passe d’handi en fauteuil à valide sur guibolles, imaginez que du jour au lendemain, un gamin de huit ans (vous savez, avec le crochet dans l’entrée pour mettre son cartable à sa hauteur et le petit marche pied devant le lavabo pour se brosser les dents) ait à vivre dans un appart’ d’adulte. Ou non ! Je sais ! Un hobbit ! Vous voyez les hobbits ? (plus petit que des nains). Et bien voilà. Gandalf (l’équivalent de Merlin l’enchanteur dans le Seigneur des anneaux, grand mage tant par la taille que les pouvoirs) debout chez un hobbit, et bien il n’est pas très à l’aise !

 

 

 

 

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2 commentaires sur “Et si dans mon appart’ d’handi j’étais de nouveau debout ?

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