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Brésil – La Casa Dom Inàcio de Loyola #3 Bilan

 

 

Faire un bilan de ce que m’a apporté – ou non – ce voyage si particulier au fin fond du Brésil, me paraît être une tâche ardue car enfin, j’aurais tant à dire ! (Pour comprendre cet article, lire CELUI-LÀ en premier, et CELUI-CI ensuite avant de continuer)

 

Je dis souvent qu’avant mon accident, j’étais très naïve sur les réalités malheureuses de la vie. À avoir grandi dans une bulle heureuse sans être confrontée à la moindre difficulté, j’ignorais tout du Handicap avec un grand H, de ce mot qui regroupe tellement de choses, tellement de cas, tellement d’histoires et de personnes.

 

En rentrant de mon voyage je me suis rendue compte que naïfs, nous le demeurons tous sur tels ou tels sujets, et c’est aussi ce qui fait l’intérêt de notre existence : cette capacité qu’elle aura toujours de nous surprendre.

 

La première leçon que j’ai apprise à la Casa, discutable mais ô combien grisante, est qu’il n’y a pas de hasard, mais plutôt des coïncidences, que certains appellent « synchronicités ». Que vous soyez d’accord avec cette idée ou non, prenez le temps d’y réfléchir quelques jours. Vous verrez que certains chemins qui vous ont emmenés à tel endroit, vous ont fait rencontrer telle personne, vous ont fait vivre telle expérience, ne sont qu’un enchaînement de petits « hasards » fous. Est-ce qu’alors ne serait-ce pas des orientations plus que des hasards

 

 

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Pousada Catarinense, passage pour aller au réfectoire – Photo 1P2Vs, ne pas reproduire

 

 

Quand je suis partie, j’ai emmené dans ma valise un livre que j’avais dans ma bibliothèque depuis près de dix ans, que j’avais piqué à mon frère aîné quand il avait quitté la maison, que je n’avais jamais lu et dont je ne savais rien, même pas le sujet ou le scénario. Arrivée au Brésil, j’ai constaté qu’il expliquait, à travers une histoire d’aventures, ce qu’était l’énergie et la spiritualité. Il m’a aidé au fil des jours et de ma lecture à comprendre ce que certains près de moi à la Casa vivaient et qu’ils essayaient de me transmettre (avec difficulté, les pauvres). Ceci est un exemple, mais il y en a tant…

 

Comme je l’ai écrit dans les deux premiers articles parlant de mon séjour au Brésil, je n’ai jamais été sensible à quoi que ce soit de… non palpable disons. Les énergies, le magnétisme, la médiumnité, la lithothérapie tout ça c’était flou et je n’avais jamais cherché à ce que ça ne le soit pas. Ça a été assez frustrant pour moi car en étant l’une des plus cartésiennes du groupe, j’étais de ce fait celle qui devait y croire le plus « sans voir » car aucune sensation ne me parvenait. Aujourd’hui, à travailler dessus, à comparer entre là-bas et ici, à me montrer plus attentive, je suis plus ouverte à certaines ambiances mais c’est infime, à se demander si ça ne vient pas de moi (et d’ailleurs peut-être, après tout ?)

 

Cela dit, je ne peux aller à l’encontre du fait que le seul endroit dans lequel j’ai réussi à méditer plus de trois heures, à plusieurs reprises (alors que c’est une pratique que je n’avais jamais eue), c’est dans « le courant », nom donné aux salles dans lesquelles les gens vont méditer pour soutenir Joâo (énergétiquement parlant). Seule je n’arrivais pas à tenir plus d’une demi-heure, en méditant avec ma guide et une des personnes du groupe, je pouvais pousser jusqu’à une heure entière… là avec plus de cinquante personnes, une demie journée ne posait (presque) pas de soucis !

 

À propos du groupe (une douzaine de personnes) ! Les deux premières semaines je les ai passés avec lui, composé d’individus d’âges, de styles, de vies, de milieux, de croyances, de professions et de caractères différents. Ces différences se complétaient à la perfection si bien que nous avons passé un séjour ensemble dans une ambiance de soutien et de belle camaraderie (aussi ringarde cette expression soit-elle). Deuxième leçon : chaque rencontre à quelque chose à nous apporter. Vous le savez, ça paraît évident. Pourtant, y faisons-nous attention ? Pas si souvent que ça. Autrui est pourtant la plus grande source d’enrichissement qui à mon sens existe (ex æquo avec Mère Nature).

 

 

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Rue d’Abadiânia un dimanche après-midi – Photo 1P2Vs, ne pas reproduire

 

 

C’est bien beau tout ça mais finalement, j’allais au Brésil pour un miracle et je n’en ai pas eu. Donc tout ça, ça ne paraît pas très crédible n’est-ce pas ? Exact, je n’ai pas eu ce que j’ai demandé. Pas tout de suite. Peut-être demain. Peut-être dans dix ans. Alors comment y croire ? Parce que j’ai demandé d’autres petites choses, bien moins importantes, plus basiques mais qui ont été exhaussées. Auto-persuasion ? Peut-être. Mais l’une est physique (hors s’il suffisait d’y croire, ça ferait longtemps je serais debout), et une autre, je l’avais oubliée avant de remarquer qu’elle avait été prise en compte.

 

Maintenant, je ne veux convaincre personne. Encore une fois, ça se vit. Lorsque j’en ai parlé à quelques uns de mes amis proches, je trouvais que ce que je racontais revêtais des allures de n’importe quoi, d’ailleurs je doute aujourd’hui encore. Mais ce qui compte, ça n’est pas de démêler le vrai du faux, ça n’est pas de décider de ce qui est réel ou non. Ce qui compte, c’est le résultat. Ce sont ces gens guéris, ce sont ces espoirs redonnés pour continuer des quêtes parfois trop vite abandonnées. Comme me l’a dit M. qui ne croit pas en tout ça malgré ce que j’en raconte, le fait est que ça m’a fait du bien et que c’est une raison suffisante à justifier l’expérience.

 

Car oui, indéniablement ça m’a fait du bien. Ça m’a ouvert l’esprit encore davantage et ça m’aide à lâcher prise malgré un mental très envahissant. Je ne suis pas rentrée depuis si longtemps mais je me sens plus calme, plus patiente avec mon corps défectueux. La dernière fois que je suis passée devant une entité, elle m’a dit de méditer, que ça allait réagir (je lui demandais alors ce que je devais faire pour remarcher). Je pourrais prendre ça pour des paroles en l’air, ça me protégerait d’une nouvelle déception. Mais ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ? Avoir de l’espoir… C’est un choix dont la chute peut-être rude certes, mais tant que l’on ne tombe pas, ne rend-il pas le chemin plus excitant ?

 

 

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Pousada Catarinense, Abadiânia – Photo 1P2Vs, ne pas reproduire.

 

 

À la Casa (très portée sur la religion catholique), j’ai vu des bouddhistes, j’ai vu des athées, j’ai vu des gens qui venaient pour demander la guérison, d’autres pour trouver l’amour, d’autres encore pour obtenir des réponses sur des vies antérieures, d’autres pour savoir si le chemin professionnel emprunté est le bon, d’autres par curiosité ou embarqués de force par un ami… Et puis il y avait moi, à l’éducation catholique mais fâchée avec la religion (réconciliation en cours), cartésienne au possible mais prête à tout pour retrouver l’usage de ses jambes, même à croire de nouveau aux fées ou au Père Noël.

 

Beaucoup, dont moi, parlons miracle en revenant de ce Brésil, lorsque l’on tente de raconter ce qu’il y a là-bas mais le miracle, c’est d’abord nous, c’est d’abord vous. Y croire, essayer, avancer, comprendre l’épreuve, apprendre… Tout ça n’est pas une question d’entités, d’énergies ou de quoi que ce soit d’autre, c’est nous. C’est aussi pour ça que j’ai été assignée à méditation : j’ai beaucoup à régler avec mon corps, avec moi-même, à commencer par le pardon, avant de pouvoir passer à l’étape suivante.

 

Mais désormais je ne parlerai plus de combat, je parlerai de quête, le plus difficile pour moi étant d’avoir des intentions sans attentes (prochain sujet du bac de philo ?)

 

 

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2 commentaires sur “Brésil – La Casa Dom Inàcio de Loyola #3 Bilan

  1. Ouah ouah ouah!! Ca valait le coup d’attendre et de lire les deux d’affilés.
    Déjà la quête et pas le combat, je suis tellement contente. Je trouve tes mots beaux et le peu que je connais de toi me fait dire que c’est énorme!!
    Pour la synchronicité, je suis à mille pour cent d’accord.
    Au début je me suis dit mais tu es trop bête tu DOIS y aller. Oui mais comment?
    Mais en fait là aussi, chaque chose en son temps et chacun son chemin.
    J’espère pouvoir y aller un jour et on verra bien.
    Quoi qu’il en soit tu m’as remotivée.
    La méditation fait déjà partie de moi depuis un moment mais là, je sais pas c’est comme si je me disais que mon chemin était juste même si il n’est pas parfait.
    Merci Daphnée!! <3

    1. Oui, tu vois j’ai mis un an à me dire « ok, il faut que j’y aille » mais une fois que ce fut le cas et bien, ça ne me lâchait pas : c’était le moment ! Et honnêtement, malgré mes doutes, malgré mon envie de rentrer arrivée au début de la 3è semaine, aujourd’hui je me retiens de ne pas reprendre des billets pour février (ma guide y retourne à ce moment là)

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