Tadoussac et ses baleines

Canada – J6. À la recherche des baleines, Tadoussac.

 

Hier nous sommes parties faire du zodiac pendant une heure et demie dans l’espoir d‘apercevoir des baleines. Revenues sur terre trempées et bredouilles, nous avons décidé aujourd’hui de prendre notre revanche. Retour en mer avec une autre organisation, c’est de Tadoussac même que nous sommes parties cette fois.

 

En plein cœur de la ville côtière, non loin de la zone d’embarcation, il y a un grand parking qui permet de se garer et de faire ce qu’il y a faire dans le coin à pieds (ou à roues de fauteuil). Certes, le sol est en gravier et la pente pour en sortir est raide mais que voulez-vous ? On ne peut pas tout avoir. Et comme je n’étais pas seule, ça n’a en fait pas vraiment été un obstacle.

 

Pour ce qui est du look marin, les couleurs n’étaient pas les mêmes mais l’enfilage laborieux et le résultat Bibendum étaient bien là. Comme la veille, notre fringuant et élégant bâtiment répondait aux caractéristiques d’un zodiac pas très grand (mais vaillant). L’assise, elle, était un peu différente : exit le banc moelleux, bonjour le siège de tribunes en plastique. Plus pratique pour me caler, moins confortable pour m’y asseoir, la veste de pluie de l’une de mes compères me servi de coussin (histoire de ne pas perdre ma fesse droite).

 

Le capitaine du jour était un personnage, et quel personnage ! Passionné, remplissant beaucoup de critères du stéréotype (bonjour cap’taine Haddock), d’une bienveillance joyeuse et directe, il n’avait pas de temps à perdre avec un transfert compliqué : il me prit donc seul dans ses bras en mode « princesse » et en l’espace de quelques secondes, je passais de mon fauteuil au bateau avec une facilité déconcertante. « Vite fait, bien fait », et nous étions partis. Le temps étant plus clément, le vent moins présent, ce fût moins mouvementé. Les paysages étaient toujours aussi beaux et… les baleines plus proches du rivage ! De ce fait, oui, entre le bord de mon bonnet tombant sur mes sourcils et mon énorme écharpe montée jusqu’au nez, mes yeux les virent. Les petits rorquals d’abord (qui font quand même cinq à dix mètres de long et pèsent cinq à dix tonnes !), les rorquals communs ensuite (dix-neuf à vingt-quatre mètres, quarante à cinquante tonnes), nous les repérions lorsqu’ils remontaient à la surface et créaient un véritable geyser de souffle et d’eau en respirant.

 

 

Espèces de baleines
Espèces de baleines présentes à Tadoussac, cliquez sur l’image pour mieux la voir !

 

 

Puis, ils replongeaient, découvrant leur dos et leur peau lisse à nos regards émerveillés. J’avais l’impression d’être à la recherche de Charlie dans les livres pour enfants : attentive et concentrée, je guettais le moindre indice, le moindre mètre carré de mer, dans l’espoir de tomber sur un mouvement de cétacé, quel qu’il soit. Lorsque c’était le cas pour l’un des passagers du bateau, il y avait un instant d’euphorie bruyant « Là, là, il y en a un, là, vous voyez ?!« , suivi d’un moment en suspends jusqu’à ce que la ou les baleines en question se montre(nt), alors l’admiration et l’intimidation palpables en chacun de nous installaient un court silence presque magique.

 

 

rorqual
Photo Barrons-nous/1P2Vs –
Tous droits réservés. Rorqual

 

 

Au final, nous n’avons aperçu que peu d’espèces différentes : ni belugas, ni baleines à bosses et encore moins de baleines bleues. Mais nous en avons vu, c’est le principal, et c’était déjà bien assez… émouvant… Oui, c’est ça : émouvant. Ces magnifiques créatures d’une lenteur majestueuse (je leur lance beaucoup de fleurs dans cet article) en imposent. L’avantage de n’avoir rencontré que quelques spécimens sur tous ceux possibles, c’est que nous savons comme ça qu’il faudra revenir. Et puis concernant la plus grande, je ne suis pas mécontente de l’avoir loupée (« Elle est quand même étrange cette fille non ? ») car elle demeure ainsi, à mes yeux, la mystérieuse et presque mythique grande baleine bleue. Imprévisible, inatteignable et incontrôlable, c’est un peu ma sirène à moi et j’aime bien cette idée (« Elle est même carrément pas nette hein…»)

 

 

Sirène et baleine bleue

 

 

L’activité phare de la journée étant passée, nous avons profité du temps qu’il nous restait pour flâner le long de la côte : là encore, comme il y avait une promenade aménagée, c’était accessible et circulable en fauteuil. Par contre il est vrai que dès que nous nous éloignions du bord pour aller dans la ville, je me retrouvais parfois face à des pentes quelques peu décourageantes ! Et pour les mêmes raisons qu’à Montréal, entrer dans un resto ou dans un magasin ne pouvait se décider au hasard, vu l’effort qu’il fallait fournir pour m’en faire passer la porte (quand c’était possible !) Heureusement que rien (ou presque) ne nous arrêtait ! Nous avons cependant pas trop traîné à reprendre la voiture car quelques heures de route nous attendaient encore, direction Québec !

 

À demain donc pour cette nouvelle étape ! En attendant et bien, à vous : c’est quoi votre sirène ?

 

 

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