1parenthèse2vies change de rythme, le bonheur se vit loin des écrans

1parenthèse2vies change de rythme, le bonheur se vit loin des écrans.

 

Depuis le temps que je te laisse sans nouvelles mon Optimiste, tu as dû te demander ce qui avait bien pu m’arriver. En mai dernier je te parlais de ma recherche de maison avec la personne qui a par bonheur, ajouté sa vie à la mienne. (Je n’aime pas l’expression « partager la vie », ça laisse supposer qu’on a divisé quelque chose… alors que c’est tout à fait l’inverse !) Pour que nous nous comprenions plus facilement, nous l’appellerons d’ailleurs Marcel (et pourquoi pas ? Je vous rappelle que mes fauteuils s’appellent Albert et Pile-Poil !)

 

 

Marcel Bonheur
Cela dit lui aussi s’appelle Marcel, personne ne lui en tient rigueur hein…

 

 

Alors ? Ai-je été kidnappée par un agent immobilier ? Un pan de mur m’est-il tombé dessus lors d’une visite ? Marcel a-t-il fini par me noyer à force de m’entendre chanter les tubes ridicules des années 90 à tue-tête sous la douche ?

 

 

Réduire la place du handicap

 

Que nenni mon Optimiste ! À vrai dire j’ai décidé de laisser de côté 1parenthèse2vies pour me consacrer à mes projets personnels et m’orienter vers une activité professionnelle au cœur de laquelle ne se trouve pas le handicap. Comment pouvais-je continuer à défendre le « Je ne suis pas mon handicap ! » alors que ma vie entière tournait autour du sujet ? Ça n’avait plus de sens.

 

Je ne me résous cependant pas à supprimer le blog car je reçois encore de tes messages qui me prouvent que mes articles te sont utiles. Et puis je continue malgré tout à vivre des situations qui me paraissent importantes à communiquer pour toujours plus de sensibilisation et donc de compréhension entre les handi et… « les autres ». Sans compter le fait que laisser 276 articles et huit ans de mon existence se perdre dans les tréfonds d’internet, je n’y suis pas prête non plus !

 

Seulement je n’ai simplement plus envie d’être une « porte-parole ». Je pense avoir suffisamment prouvé que la vie en fauteuil, malgré ses difficultés, peut se vivre à cent à l’heure avec (presque) autant de folies qu’avant.

 

 

Plus ou moins-1parenthèse2vies change de rythme
Au moins un peu, non ?

 

 

Le blog m’a permis de me donner la force de vivre plusieurs années durant, la force de continuer et d’espérer en un bonheur possible. De me battre aussi parce que les premières années dans un fauteuil sont un enchaînement de claques que l’on se prend et que l’on n’est pas sûr de continuer à encaisser indéfiniment. Être lue par toi mon Optimiste, m’a permis de donner une raison à ce qui m’est arrivé, et m’a aidée à être encore plus exigeante avec moi-même que je ne le suis déjà de caractère. 1parenthèse2vies a été mon excuse pour m’obliger à me relever après chaque chute.

 

 

Amour + Covid = sédentarisation.

 

Mais tandis que j’écris ces lignes, je regarde Marcel préparer les murs de la cuisine pour que nous puissions les peindre ensemble ensuite et je souris. Je me rends compte que j’ai trouvé une nouvelle raison de me lever le matin, fauteuil ou pas fauteuil, dans ce que nous créons l’un avec l’autre. Les projets que je mets en place aujourd’hui avec une personne qui m’aime telle que je suis me font parfois oublier qu’Albert serait de trop dans n’importe quelle vie qui soit. Oui mon fauteuil est toujours là, et même s’il m’empêche de faire certaines choses, en aucun cas il ne me prive d’en faire un million d’autres. Il me prend du temps, il me prend de l’énergie, mais je peux ressentir le bonheur malgré son existence. Si j’en doutais encore, force est de constater que ça n’était pas fondé puisqu’heureuse, je le suis à l’heure actuelle.

 

N’oublions pas non plus l’apparition du Covid dans ce monde déjà si abîmé ! Il m’a contrainte comme beaucoup à laisser ma valise dans le placard et les aventures se sont stoppées. Pourtant j’ai eu l’impression d’en vivre une d’un tout autre genre finalement. Après les départs d’un bout à l’autre du globe, après les descentes en parapente, les vols en souffleries et autres folies, je me lance dans l’aventure de la vie à deux. De la vie remplie de clichés et résolument banale, ce dont mon accident m’avait semblé – à tort – me priver.

 

 

Le bonheur se vit loin des écrans
CONTENT-CONTENT-CONTENT

 

 

Je ne souhaite plus être extra-ordinaire. Ou du moins pas parce que j’ai un handicap, non. Pour la première fois de mon existence, j’aspire à l’ordinaire. La transition est parfois difficile car jeter l’ancre pour me poser, je ne m’y attendais pas vraiment ces dernières années. Mais elle en vaut la peine, c’est un nouveau chapitre de ma vie que j’entame dont je n’avais pas vu arriver la première page.

 

D’un quotidien à mille lieues de la routine que je fuyais comme la peste, voilà que je travaille dans une médiathèque, avec des horaires, des directives et des jours de congés à poser si je veux retourner en vadrouille. Je travaille au milieu de livres, de films, de musiques et au milieu des gens qui les aiment. J’accueille des enfants, je m’amuse avec la page Facebook, je créé des animations…  Et tout ça dans le but de promouvoir la lecture auprès du public : un job parfait pour moi !

 

 

Le bonheur pour soi

 

Ainsi je terminerai là-dessus mon Optimiste : cette année je ne suis allée ni au Brésil, ni au Canada ou ailleurs, je n’ai pas testé de nouveaux sports extrêmes et je n’ai assisté à quasi aucun évènement. Mais cette année je me suis réveillée chaque matin auprès de Marcel : outre la joie que ça me procure, j’ai l’intime conviction, sans l’ombre d’un doute, que j’y suis merveilleusement à ma place.

 

 Vais-je continuer à voyager ? Évidemment ! Vais-je continuer à écrire ici ? À n’en point douter ! Mais avant tout cela tu ne m’en voudras pas, ma priorité sera de vivre mon bonheur pleinement. Il sera comme une petite boule lumineuse et chaude que je garderai égoïstement au creux de mes deux mains imparfaites.

 

 

1parenthèse2vies change de rythme, le bonheur se vit loin des écrans
Sophie et Calcifer, gif tiré du film d’animation Ghibli « Le Château ambulant »

 

 

PS : Puisque mes publications ne seront plus aussi régulières, tu peux faire en sorte de n’en louper aucune en cochant la case «  Avertissez-moi par e-mail des nouveaux articles. » que tu trouveras en cliquant sur « Vos réactions » en bas des commentaires 😉

 

 

Si vous aimez, n'hésitez pas : partagez !
Share on Facebook
Facebook
Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email
Print this page
Print

9 commentaires sur “1parenthèse2vies change de rythme, le bonheur se vit loin des écrans.

  1. Heureuse de te savoir épanouie ! Comme pour les fleurs il fallait laisser mûrir la petite graine du bonheur. …Merci à Marcel de t’avoir apporté cette nouvelle vie (mon grand père s’appelait Marcel..)
    Je t’embrasse. Marie-Claire

  2. Y’en encore du boulot pour construire le nid!!!!!! mais qu’il vous soit doux et accueillant. Belle vie à tous les deux.
    bon de là à dire que vous rentrez dans une vie « ordinaire »…..pas sûr. On en fait ce que l’on veut et ce que l’on peut aussi. Faite de concessions et de grands bonheurs pas toujours prévus. Et souviens toi: <> Bon courage et grand(s) bonheur(s) à tous les deux

  3. Tellement heureuse de t’avoir retrouvé après toutes ces années. Tu es toujours aussi pétillante et avons eu le plaisir de connaître Marcel😉. Z’êtes beaux tous les 2😍. Je vous souhaite plein de bonheur. Plein de bizettes 😘😘

  4. L’ordinaire avec la bonne personne, c’est extraordinaire 😉 Je te fais confiance à savoir faire grandir ta petite boule lumineuse de jour en jour ! ❤️

Vos réactions...