Maison de Kuzco (immobilier PMRE)

À la recherche de la maison idéale, immobilier et PMR.

 

 

En 2015, je quittais le monde de la rééducation pour me jeter dans une société inadaptée à mon handicap, mais en progression disons-le. Je t’avais raconté mon Optimiste, les problématiques rencontrées lorsque je m’étais mise à la recherche d’un petit chez-moi accessible. Ô combien nombreuses et réductrices.

 

Et puis la vie étant un éternel recommencement, évolutif heureusement, me voilà de nouveau à écumer les sites des agences immobilières. Nouvelle étape de ma jusque ici courte existence.

 

 

De l’arbre à chat au pré à lamas.

 

Il y a six ans mes critères étaient maints certes, mais ils ne concernaient que moi, mon fauteuil et mon futur chat. Je visais un appartement en centre-ville pour une vie d’hyperactive : j’avais vingt-deux ans et je croyais avoir du temps à rattraper.  Bref, ça n’avait pas été simple, j’avais malgré cela trouvé la perle rare rapidement.

 

Aujourd’hui je m’approche de la trentaine : mon mode de vie se transforme et mes envies d’explorations laissent peu à peu place à des envies de construction. Ainsi me voici à la recherche d’une maison qui aura à accueillir deux personnes, deux chats, un fauteuil, un futur chien et plus si affinités. Non, pas des poissons rouges, plutôt des lamas. Voilà. C’est bien les lamas…

 

 

À la recherche de la maison parfaite, immobilier et PMR (image du film Kuzco)

 

 

Enfin bon, le résultat c’est que j’ai toujours une liste longue comme le bras de critères relatifs à mon handicap – j’y reviendrai – et que je dois y additionner pas mal d’autres en lien avec le projet lui-même. Tu te doutes forcément que plus il y a de cases à remplir, et plus la quête dans laquelle je me lance semble destinée à dénicher le Graal.

 

 

Tu m’aides à trouver THE maison ?

 

Reprenons dans l’ordre. Soyons clairs tout de suite, les contraintes il y en a déjà un certain nombre qui n’ont aucun rapport avec le handicap n’est-ce pas ? La taille, le budget, le type de logement, le périmètre géographique sont les bases qui posent le cadre. S’ajoutent à ce dernier les envies personnelles liées au style de vie, aux idées ébauchées de l’avenir… et aux goûts non pas d’une, mais de deux personnes !

 

Ainsi donc, une maison. Située à vingt minutes en voiture maximum du lieu de travail. Avec un jardin et assez de pièces pour en dédier une aux amis ou à la famille qui y seront toujours les bienvenus. De quoi s’y garer bien sûr. Un impact sur l’environnement et les finances à long terme limité (classes énergie A, B, C).

 

 

À la recherche de la maison parfaite, immobilier et PMR (image du film Kuzco)

 

 

Bon. Les conditions à remplir sont déjà nombreuses mine de rien. Seulement ce sont des conditions malléables, communes, facile à satisfaire quand même quoi qu’on en dise. Admettons qu’ainsi je déniche trente maisons différentes. Et bien crois-moi ou non mais sur les trente… Quinze au moins vont disparaître parce qu’elles ont un étage ou un sous-sol, impliquant donc un escalier. Sachant que je ne peux pas me lever de mon fauteuil, c’est rédhibitoire : il est hors de question que je vive dans une maison dans laquelle des pièces me seraient impossible à atteindre. Je le précise parce que certains agents immobiliers ont eu besoin que je le leur explique. Le plain-pied s’impose donc, sans volées de marche pour accéder à l’entrée, sans pente ardue entre le portail et le seuil de la demeure.

 

 

Le tri continue et les perspectives se réduisent !

 

Sur les quinze maisons restantes donc, il faut en enlever cinq autres qui auront soit des portes et/ou des couloirs trop étroits, soit des travaux trop importants ou trop onéreux à faire pour y changer quoi que ce soit. Nouvelle précision d’ailleurs, quand j’évoque l’espace des couloirs quand couloirs il y a : il faut savoir qu’il est rare, dès lors que l’on cherche un bien avec plusieurs pièces toutes au même niveau, qu’il n’y en ait aucun. Or certaines personnes ont le réflexe de me dire que, tant que je peux y circuler ça devrait être bon. Mais nous n’avons pas la même notion du « circuler ». Pour te la faire très simple : il faut que je puisse faire demi-tour dans le-dit couloir pour considérer que c’est okay pour moi.

 

 

À la recherche de la maison parfaite, immobilier et PMR (image du film Kuzco)
C’est pas gagné-gagné…

 

 

N’oublions pas que si j’emménage dans une maison, ça veut dire que je vais y vivre, donc m’y mouvoir, tous les jours. Comme en plus je travaille beaucoup « à domicile », j’y serai même parfois toute la journée. Tu te verrais toi, être obligé de rentrer dans une pièce ou bien faire tout ton couloir en marche arrière pour revenir au salon ? Et devoir manœuvrer en douceur pour aller dans ta chambre, dans tes toilettes, ta salle de bain en craignant d’abîmer les embrasures ? Ce ne serait pas vivable, sans compter qu’il faudrait prier pour que jamais il n’y ait d’urgence à gérer !

 

 

L’espoir du neuf mis à mal…

 

Le fait qu’une maison soit récente encourage l’idée qu’elle puisse être plus accessible, mais savais-tu que les normes ne sont obligatoires qu’aux constructions destinées à la location ? De ce fait, lire sur une annonce « Sortie de terre en 2015 » par exemple, n’est pas une garantie d’une accessibilité nickel. Parce que bon, des seuils de portes à abaisser, une douche à installer à la place d’une baignoire, un plan de travail à bouger, ça relève presque du détail . En revanche, décaler tout un pan de mur et casser chacune de ses ouvertures pour les agrandir… c’est un autre chantier ! Dans les deux sens du terme d’ailleurs.

 

Il me reste dix maisons si je ne me trompe pas. C’est pas mal non ? Attends voir… Enlève-en une qui est de plain-pied certes, mais avec des niveaux (du genre une marche de 15cm entre le salon et la cuisine), puis une autre devant laquelle il n’y a pas de bateau au trottoir. Oublions celle dans laquelle les pièces sont tellement petites que je devrais choisir entre y mettre un meuble et y rentrer. Ah et raye aussi celle avec le garage sans porte communiquant avec la maison… et sans ouverture motorisée ! L’un ou l’autre c’est jouable : l’absence des deux beaucoup moins.

 

 

À la recherche de la maison parfaite, immobilier et PMR (image du film Kuzco)
Elle non, elle non, elle non plus…

 

 

Une maison c’est d’abord un chez soi !

 

Enfin, au-delà du handicap, tu es avant tout un Être humain avec ses goûts, ses couleurs et ses impressions. Donc une en moins qui se situe dans un quartier qui ne t’inspire pas, une autre dont tu détestes le style architectural et une autre dans laquelle tu n’arrives tout simplement pas à te projeter. Il en reste trois. Trois choix pour plusieurs années de vie, c’est peu. Heureusement pour nous, on a le temps, on s’adapte et surtout… l’optimisme ne nous quitte pas : tu croises les doigts avec moi ?

 

 

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6 commentaires sur “À la recherche de la maison idéale, immobilier et PMR.

  1. Pour croiser les doigts on croise les doigts !
    Bon cela dit pour être passés plusieurs fois par ce genre de situation (le handicap en moins) ben….ce n’est pas simple. Pour toutes les raisons citées. Nous avons déménagé plusieurs fois à la recherche de la perle rare. Pour nous pour les enfants pour les Amis z’et parents. Pi un jour on s’est dit: maintenant « on sait » donc on fait construire. Comme ça nous serons sûrs d’avoir LA maison.
    Ben non…..que nenni! Entre les obligations techniques de construction; les normes; et les surprises de la construction cela n’a pas été simple. Et après 5 ans de vie dans la maison….ben il y a des choses qui « auraient pu être autrement » – rapport à l’évolution de notre vie.
    Alors non c’est loin d’être simple. Il faudra faire des concessions (mais ça c’est la vie!!!) il faudra faire avec et sans.
    Mais courage on pense à vous. Et surtout prenez votre temps. Acheter une maison n’est pas un achat compulsif. Il vaut mieux réfléchir et avoir l’impression parfois de rater quelque chose que d’acheter n’importe quoi « vite fait »

    1. Oui, c’est le problème d’être deux : nous n’avons pas toujours le même ressenti. Et du coup celui de faire un choix : peur de regretter. Acheter une maison qui plaît davantage à l’un qu’à l’autre, c’est prendre le risque soit de culpabiliser d’avoir « fait louper l’occasion » soit s’en vouloir parce qu’on s’est « laissé convaincre ». Parce qu’on a beau avoir tout le temps devant nous, lorsque l’on décide d’un projet comme celui-ci, on a envie de le mener à terme !

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