Confinement, Frida Kahlo

Confinement en fauteuil et différences de problématiques.

 

Je mets la musique en aléatoire et le thé à infuser. Me voici calme et paisible face à mon clavier, prête à y pianoter les mots que vous lirez bientôt. Cette sérénité n’était pas là hier. Car hier le confinement pesait encore dans mon esprit et sur mon quotidien. Il a fallu nous apprivoiser lui et moi, nous acclimater à cette drôle de rencontre imprévue. Ne serait-ce pas temps de vous en parler ?

 

J’ai un souvenir très précis de l’un de mes premiers cours d’histoire/géographie du collège, alors que je n’étais qu’en sixième. La prof, blonde avec de gros bijoux colorés, nous expliquait en nous montrant une vieille carte au mur comment mener nos argumentaires pour qu’ils soient clairs. Partir du général puis zoomer petit à petit jusqu’à en arriver aux cas particuliers, aux détails. De la planète au continent, du continent au pays, du pays à la ville et ainsi de suite. Suivons-donc les instructions.

 

 

Le confinement, une responsabilité et une contrainte pour tous.

 

 

Confinement, responsabilité de tous (Hunger Games)
« Et que le sort vous soit favorable » – Gif extrait du film Hunger Games

 

 

Saviez-vous que vous pouvez être porteur du virus sans pour autant le développer ? Discret en l’absence de symptômes, vous ignorez sa présence mais pouvez en revanche le transmettre. Nous ne sommes pas égaux quant à notre sensibilité face à la maladie. C’est exactement comme la cicatrisation par exemple. Certains cicatrisent très vite de la moindre plaie, d’autres mettent un temps infini, d’autres encore collectionnent infections et complications. Moralité ? Dans le doute, que vous vous sentiez bien ou non, la quarantaine est indispensable pour se débarrasser de cet étrange « ennemi » invisible.

 

Bien sûr c’est difficile : les projets sont mis à mal, le mode de travail est complètement retourné et nous nous retrouvons à assumer des rôles que nous avions oublié, à rencontrer ceux qui partagent notre toit quand ce n’est pas se rencontrer soi-même, j’y reviendrai. À notre époque, nous passons finalement d’une zone de liberté gigantesque à, du jour au lendemain ou presque, quelques mètres carrés d’espace. Oh allez, à un quartier si l’on prend en compte le ravitaillement et les promenades du chien. Terminés les vastes horizons des continents voisins.

 

 

À chaque cas ses problématiques supplémentaires.

 

Ajoutons à ce qui concerne tout le monde, quelques contraintes en plus à ceux que l’État a appelé, « personnes vulnérables » voulez-vous ? Parce que c’est bien plus drôle comme ça. Les femmes enceintes, les individus d’un certain âge, les allergiques, asthmatiques et autres, il y en a un certain nombre. Je resterai dans ce que je connais, le monde du handicap. En essayant faire court parce que je pourrais sans peine vous noyer d’informations !

 

 

Confinement, responsabilité de tous (Hunger Games)
ET J’AURAIS LE TEMPS ! – Gif extrait du film Hunger Games.

 

 

Sur de nombreux groupes Facebook liés au handicap donc, j’ai vu se détacher deux réactions distinctes.

 

Il y en a qui ont ri de l’affolement face aux mesures de confinement car tout cela ressemble déjà à leur quotidien. Ce que l’on oublie souvent c’est que certains handicaps rendent de toute façon difficiles les déplacements : exit les voyages ou même les balades trop longues. Ainsi le « rester chez soi » ça va, ils connaissent.

 

Et puis il y en a, parfois les mêmes, qui ont eu peur évidemment. Peur de ne plus pouvoir bénéficier d’aides à domicile, de soignants et autres services nécessaires au bon déroulement de leurs journées. Encore une fois, certains handicaps limitent l’autonomie. Se laver, s’habiller, se faire à manger… Si pour vous comme pour moi ce sont des actes anodins, ils ne sont pas permis à tous. Et s’il n’y a plus d’auxiliaires pour aider à ces tâches incontournables, imaginez à quoi pourrait ressembler ce confinement pour ceux qui ne peuvent se passer de leur présence ! Dois-je développer côté courses alimentaires, séances de kinésithérapie, déplacements médicaux, fourniture en matériel de soin et en médicaments ?

 

 

Confinement, personnes vulnérables handicap (Hunger Games gif)
Hum non, vaut mieux pas… – Gif extrait du film Hunger Games

 

 

Bref, je sais que beaucoup ont dû prendre des dispositions particulières et se trouvent aujourd’hui à devoir vivre leur confinement loin de chez eux, chez des proches capables de répondre à leurs besoins par exemple.

 

 

« D’accord mais toi ? T’es en fauteuil, comment ça se passe concrètement ? »

 

Pour le coup je ne suis pas une référence handi. Mon autonomie me permet de rester bloquée seule dans mon appart’ avec Chat sans que ça ne pose de problèmes liés à ma situation. J’ai effectué une commande de sondes urinaires comme à mon habitude en milieu du mois (soit au début du confinement) qui me tiendra une bonne trentaine de jours. Quant aux médicaments, je n’en prends plus depuis octobre dernier (2019). Alors voilà. Pour moi les difficultés de cette période si particulière ne sont (pour une fois !) absolument pas en rapport avec mon handicap. Je ne peux certes plus aller en kiné mais je suis capable de faire pas mal d’exercices chez moi qui pallieront ce manque en attendant.

 

C’est côté boulot que ça craint par contre. Adieu conférences et promotion du livre (à ce propos, pour lutter contre l’ennui du confinement, j’ai baissé le prix de la version numérique à 1,99€ seulement ! Faites-vous plaisir et passez le message 😉 )

 

 

 

 

Adieu également voyages de presse et blogtrips (heureusement que celui en Espagne s’est passé juste avant.) Certes il me reste l’écriture pour l’entreprise de Sojadis et quelques projets en préparation pour 1parenthèse2vies. Télétravail habituel. Mais se faire une place dans la quantité monstrueuse de posts à propos du Coronavirus et du confinement, c’est un peu comme vouloir être capitaine de l’équipe de rugby quand on est petit et maigrichon. Il va falloir ruser (et compter sur vous !)

 

Cela étant dit, ce qui m’a désarçonné en premier lieu, ça a été le combo solitude/calme. Partir à droite à gauche faire des choses seule ne me dérange pas. Ne rien faire ou être enfermées si je peux voir les copains ne me dérange pas non plus. Mais à la fois être en arrêt et l’être en solo ? J’ai du mal à l’admettre mais oui, j’ai mis du temps à m’y faire et à comprendre que ça pouvait m’apporter du positif.

 

 

« La solitude n’est pas l’absence de compagnie, mais le moment où notre âme est libre de converser avec nous et de nous aider à décider de nos vies. »

Paulo Coelho, Le Manuscrit retrouvé, Flammarion – 2013

 

 

Avoir du temps seul, c’est voir resurgir toutes ces choses auxquelles vous prenez soin de ne pas penser en vous remplissant la tête d’occupations. Les blessures, les vulnérabilités, les questionnements, les hésitations… Ça peut aider à grandir bien sûr, c’est même la parfaite occasion de les régler, mais pour ça il faut les remuer, et ça fait un peu mal. Comme un bon gros Mercurochrome (le pansement des héros) qui colle trop, à arracher d’un coup mais sans enlever la croûte au risque de devoir recommencer le lendemain.

 

Alors voilà, le confinement avec soi (et le chat), il y a du bon comme du moins bon, tout comme ceux qui sont en coloc, en couple ou en famille. Chacun ses libertés et ses gardes de prisons !

 

 

« Du coup tu t’occupes comment ? »

 

Et bien entre deux prises de conscience et deux pauses thé (nombreuses), rien d’original. Films, séries, livres, ménage, travail (quand même), cuisine… Je joue aux cartes avec mes plantes, parle à ma poêle à frire et fais la lecture à Nouka Chat. Tout le monde dans ma tête se porte à merveille.

 

 

Confinement et handicap, occupations
Photo 1P2Vs, ne pas reproduire.

 

 

Je redécouvre le charme des longues conversations téléphoniques aussi. Précieux instants qui nous occupent joliment en attendant de se retrouver. J’avais un peu oublié, ça qui m’était pourtant si familier ado ou même étudiante. Et je me remets à envoyer des lettres manuscrites, c’est un exercice apaisant, libérateur même dans certains cas.

 

Certains l’ont remarqué, je développe le compte Instagram du blog en essayant d’y être présente. J’avais mis des années à m’y jeter parce que je savais que ce réseau, basé sur l’image, serait particulièrement chronophage pour moi. J’avais raison, mais dans ce cas ça n’est pas si mal. La communauté des blogueurs de voyage que je retrouve d’habitude au salon annuel (pour le moment repoussé à juin) y est très présente et je suis heureuse de les y retrouver. D’ailleurs si vous voulez rire, les copains @Geektouristiques (Savinien et Benjamin) le feront sans aucun doute. Pour vivre en musique et belles images, suivez ma pétillante Margaux de @Go-Maurice ! (Tous les trois sont sur Instagram et sur Facebook)

 

Voilà, sur ce j’en retourne à mon confinement, n’hésitez pas à poser des questions, partager vos blagues ou vos désespoirs, vos petites looses comme vos petites joies du moment. Je me une ferai une joie d’y répondre en prenant mon cinquième thé de la journée (ou le sixième peut-être.) Prenez soin de vous surtout.

 

 

Confinement à la Bridget Jones
Confinement à la Bridget Jones x Frida Kahlo

 

 

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5 commentaires sur “Confinement en fauteuil et différences de problématiques.

  1. Moi ce qui me fais rire, c’est comme en ce moment on se suit sur nos article en n’ayant pas du tout la même manière d’aborder les choses. Je trouve ça encore plus génial!!
    Ton article est très exhaustif et vraiment bien fait.
    En fait, je trouve qu’au fil du temps tes articles sont devenus de plus en plus pro. Ce n’est pas une attaque au contraire!
    Je comprend d’autant plus que tu écrives pour d’autres sites.
    bravo copine!

    1. Mais oui, c’est ce qui fait la richesse (et la bonne ambiance 😉 ) de la blogosphère : tant qu’il n’y a pas de plagiat, ça veut dire que chacun y va de son point de vue, de sa façon d’écrire et de ses ressentis. Merci beaucoup pour ce que j’ai bien pris pour un compliment, non une attaque. En fait je me faisais la réflexion ce matin qu’il était loin le temps où mes articles faisaient 500 mots ! Aujourd’hui ils en font le double et je suis heureuse que le fait de bloguer ces six dernières années m’aient permis d’affûter mon écriture (le livre y est aussi pour quelque chose) ! J’avoue que si on me disait que de l’ouverture d’1P2Vs à aujourd’hui, ça n’avait pas changé, ça me piquerait un peu 😛

  2. ……pi en plus cela permet de rattraper un peu le retard de boulot familial/maison mis de coté <>. Sauf qu’à mesure on s’en rajoute alors c’est pas d’jeu car la liste s’allonge!!!!
    Mais cela dit c’est positif car cela avance quand même. Ce qui va peut-être être moins drôle c’est la paye à la fin du mois. Mais bon nous n’avons pas le choix. Et si nous voulons que cela cesse: restons chez nous!
    bon courage à tous et prenez soin de vous.

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