Photo du film Le dîner de con

Les inconnus et mon fauteuil : quand je déteste les gens – Le retour !

 

Il arrive à certaines personnes d’avoir un comportement étrange, étonnant, voire malaisant face à des situations comme celle qu’est la mienne : quelqu’un en fauteuil. Et même si j’ai déjà parlé d’une ou deux choses qui faisaient que par moment, je déteste les gens, pour cet article je passe au niveau du dessus. Pas de petites maladresses mais des cas, de vrais (et si vous vous reconnaissez parmi eux… arrêtez, s’il vous plait, vraiment…)

 

 

Les gens (trop) convaincus

 

Arrêtez de me stopper dans ce que je fais pour me dire que vous connaissez quelqu’un « là-haut » qui me refera marcher. Ou pour me dire que Dieu m’aime. Je ne suis pas une pauvre petite brebis égarée et je ne parlerai religion ou spiritualité qu’en présence de mon avocat qu’avec des personnes dont je suis très proche (ou je n’en parlerai pas d’ailleurs). Ce que chacun décide de croire, à moitié ou du plus profond de son petit cœur émotif, ne regarde personne d’autre que lui-même.

 

Et puis je déteste être dérangée pendant que je bouquine, en plein suspense juste avant le dénouement final, tout ça pour quoi ? Me demander ce que j’ai, en quérir les détails (et toi ton caleçon il est de quelle couleur ?) et m’expliquer que vous allez me faire remarcher grâce à la force que vous puisez du Ciel (anecdote véridique) ?

 

 

Shirley Temple, marre des gens
Non mais c’est quoi ces manières ?! (La divine Shirley Temple)

 

 

Ah et on en parle de cette manie de m’arrêter alors que je fais mes courses, scintillant des yeux devant les fondants au chocolat et les tartes tatin, pour m’expliquer que Jésus est là et qu’il veille sur moi ? Et le 18 janvier 2013, il veillait sur moi aussi, ou il avait décidé de boire un verre avec ses potes les apôtres et, oups ! Pas vu… ? (Je sais, le débat serait bien plus compliqué que ça mais ça n’est clairement pas une conversation que j’ai envie d’entamer avec des inconnus bizarres qui soit sentent l’alcool, soit sont si propres sur eux qu’on les croirait tout droit sortis des jeunesses hitlériennes). Bref, laissez-moi tranquille, vous ne savez rien ni de ma vie ni de ma religion ou de mes convictions. Je ne vous ennuie pas avec, ayez la décence de faire de même (bisous bisous).

 

 

Les gens (trop) professionnels

 

Arrêtez de justifier votre indispensabilité auprès de moi par des « j’ai l’habitude, je suis infirmière/aide-soignante/médecin (rayez les mentions inutiles) ». Alors okay, dans les films ça fait bien, ça fait à la fois dramatique et super-héros : le rôle d’une vie. Mais en vrai ? Surtout si ça n’est pas justifié ? C’est ridicule. L’autre jour je suis tombée dans la rue en trébuchant sur un pavé (maudit soit-il) et alors qu’il y avait déjà trois ou quatre personnes autour de moi, une femme arrive et avec un air très sérieux et professionnel lance un « laissez-moi passer, je suis infirmière ! ». C’est devenu une vanne avec ma cousine que j’ai vu le week-end qui suivait, tellement après coup ça nous a semblé… too much ? D’autant que je n’étais pas blessée (sinon dans mon égo), et que techniquement, deux bonnes paires de bras m’auraient largement suffi.

 

Est-ce que j’évoque le gars qui débarque après la bagarre, une fois que je suis remise sur le fauteuil et visiblement en pleine possessions de mes moyens (ceux qu’il me reste) pour demander aux valides (parce que je suis handicapée, j’aurais certainement été trop neuneu pour répondre à sa question) : « Vous avez appelés les pompiers ? ». Sans commentaire… Après, je ne suis pas contre de l’aide quand j’en ai besoin, attention, mais en général que vous soyez plombier, manager ou infirmier ne change pas grand-chose. D’ailleurs la dernière fois qu’une amie et moi avons fait confiance à un « Je vais vous aider, j’ai l’habitude, je suis auxiliaire de vie » pour descendre deux marches avec le fauteuil (et moi dessus) j’ai terminé les fesses sur le trottoir. Digne d’une fable d’Esope ou de La Fontaine : « La morale de l’histoire est… »

 

 

Commode (Joaquin Phoenix) dans Gladiator
Commode (Joaquin Phoenix) dans Gladiator

 

 

Les gens (trop) inquiets

 

Arrêtez de me demander toutes les cinq minutes si « ça va » avec un air contrit ou inquiet (ou les deux). L’autre fois j’étais à une soirée et une dame, la soixantaine, me posait la question dès qu’elle me croisait d’une façon assez insupportable à la longue. Vous savez ces dames aux airs bourgeois qui se maquillent un peu trop, portent de gros bijoux et qui ont tendance à être condescendantes quand elles se forcent à sembler bienveillantes ? Bah voilà, c’en était une. ET PUIS ELLE ME TOUCHAIT (dites bonjour à mon côté névrosé). À un moment je n’ai plus tenu, à son « ça va ? », ses yeux de pseudo-compassion et sa main sur mon bras, je lui ai répondu comme si je m’adressais à quelqu’un d’idiot « et bien ça va, je vais juste aux toilettes ». Ce qui est une parfaite transition pour le prochain arrêtez…

 

Arrêtez de me demander si j’ai besoin d’aide quand je vais aux toilettes m’enfin ! Vous pensez bien que si c’était le cas, je me trimballerais avec mon infirmière perso et que je ne demanderais certainement pas un coup de main à un inconnu ! Vous vous attendez à ce que je réponde quoi ? « Et bien justement ce matin j’ai mis un pantalon un peu serré, si vous pouviez me l’enlever/le remettre » Et encore, là je suis mignonne. Je pourrais faire plus choquant. A base de sondes urinaires et/ou de règles (c’est cadeau.)

 

 

Et les gens (trop)… trop !

 

Et puis. Enfin… Arrêtez de mal réagir lorsque l’on ose vous signifier que votre comportement n’est pas correct ou qu’il est dérangeant. De la même façon qu’en tant que femme j’ai le droit d’intimer à ce gars qui se met à me tripoter « en rigolant » de ne pas me toucher, j’ai le droit en tant que personne à part entière de demander (avec politesse et amabilité bien sûr) à ce qu’on me laisse faire mes courses tranquillement. À ce qu’on ne me demande pas de raconter ma vie intime non plus (mon accident, mes blessures, mes traumatismes ne regardent absolument pas le poivrot du coin).

 

Tout ça sans qu’en face je me retrouve en réponse avec des « Vous devriez être plus agréable ! » (mon gars, je t’ai parlé avec calme et grand sourire, si tu veux que je ressorte mon moi de mauvaise humeur, je t’assure que ça va te faire un drôle effet !), ou des piquants « J’aurais pu vous faire remarcher (ingrate) ! ».

 

 

Bouder et tirer la langue dans I love Lucy
C’est peut-être comme ça que je devrais réagir… – Lucille Ball dans I love Lucy

 

 

La liberté de chacun, vaut tant pour les hommes, que pour les femmes, que les personnes de nationalités différentes, que celles de couleurs autres que la mienne, que celles ayant un handicap, etc, etc… (Merci de votre compréhension.)

 

Et vous, quand est-ce que vous n’aimez pas les gens ? Défoulez-vous dans les commentaires !

 

 

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10 commentaires sur “Les inconnus et mon fauteuil : quand je déteste les gens – Le retour !

  1. Bravo pour cet article, bravo pour votre patience! Comme les gens peuvent être déplaisants parfois et curieux… Chacun a droit au respect de sa vie privée. Moi je suis capable de répondre aux questions indiscrètes: « Vous êtes de la police? », « vous êtes médecin? », et je dis carrément « Bas les pattes » car je déteste les contacts tactiles non désirés.
    Et non, malheureusement, il n’y a personne là haut qui vous fera guérir, il n’y a pas de miracles. Il peut y avoir des découvertes médicales qui améliorent la situation, je ne sais pas ce qu’elle est, il peut y avoir des palliatifs, mais c’est tout.
    La solution c’est exactement ce que vous faites, accepter que la situation soit comme elle est, assumer et gérer au mieux.
    Et ne penser qu’aux gens qui vous aiment, nombreux sans doute (en tous cas moi je vous aime bien…) Et oublier les autres!

    1. Merci Marie-Claire, je suis très touchée ! Effectivement je suis bien entourée. Mais il est vrai que j’ai toujours un peu de mal à réagir dans ces moments là : une part de moi voudrait faire comme vous, les repousser franchement, mais l’autre se dit que nous ne sommes pas des bêtes, et que si la personne n’est pas correcte elle n’apprendra rien si l’on n’agit pas correctement non plus… Comme je le disais dans l’article, j’avoue que c’est parfois mon humeur, bonne ou mauvaise, qui tranche :p

  2. ben oui, « cela » existe. C’est ça le pire! maintenant, l’intelligence, la décense , le respect de l’autre (qu’il soit handi ou pas d’ailleurs!) la politesse tout simplement n’est pas distribué à part égale parmi nos concitoyens (en un seul mot, j’insiste!) . Mme Bertrand ci-dessus a tout à fait raison: intéressons nous plutôt aux gens qui Aiment (avec un énoooorme A) et oublions les autres.
    Bon courage ma ‘tite chérie.

    1. Merci <3 C'est vrai que l'important sont les personnes qui nous sont bénéfiques, qui aiment, qui comprennent, qui oublient aussi (parce que le handicap n'est qu'une part de moi) mais avouons-le parfois, quand on nous arrête à trois reprises alors qu'on était juste partis faire deux courses, ben ces gens là à ce moment là prennent quand même de la place :p

  3. Mon handicap n’est pas le même (cécité) et pourtant, je me reconnais totalement dans ce billet. Je ne sais pas s’il faut s’en inquiéter ou s’en amuser…

  4. Hahaha, encore merci pour tes articles ! c’est toujours un réel plaisir à lire !
    Tu m’aides à réaliser au quotidien à quel point nos actes peuvent être hyper maladroits même sous couvert de bonne volonté et tu me rends plus vigilante sur ce point.

    Des bisous

    1. Merci, j’ai toujours peur, en essayant de leur expliquer les choses, de froisser les gens. Hier encore j’ai dû expliquer à un gars qui avait pris les poignées de mon fauteuil que (outre le fait qu’à cet instant je n’avais pas besoin d’aide) je n’aime pas que l’on touche Albert : il est une partie de moi. Toucher le fauteuil de quelqu’un c’est toucher ce quelqu’un en question et ça peut être très intrusif pour nous, même si ça part d’un bonne attention 🙂 Cela dit je sais que ça n’est pas toujours facile de faire la part des choses et d’aller à l’encontre de ce qui s’apparente à un réflexe parfois ^^

  5. J’adore la partie des « gens (trop) inquiets », j’imagine tellement ce genre de personnage !
    Keep cool qu’il disait, pas toujours simple !!

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