plongée handicap

Handicap et loisirs – Initiation à la plongée sous-marine.

 

La plongée, quelle idée…J’ai toujours été sportive et curieuse de tout. À quelques exceptions prêt. Si j’étais aux anges à l’idée de sauter du haut d’une montagne pour rejoindre celle d’en face en tyrolienne par exemple, je n’ai jamais eu le même attrait pour certains loisirs… dont la plongée sous-marine.

 

Je ne sais pas si je pourrais me l’expliquer vraiment, je crois que c’était l’idée d’être dans un élément qui n’est de nature pas le mien. Et enfant j’avais un peu peur des profondeurs, autant qu’elles m’intriguaient. En fauteuil, j’appréhendais en plus le fait de ne pas avoir la maîtrise de mon corps… et de me retrouver de nouveau avec un tube dans la bouche pour respirer. J’avais déjà eu ma dose à l’hôpital.

 

 

Gif tiré du film « Si je reste »

 

 

Alors c’est vrai, lorsque la veille d’y aller, la responsable de Comme les autres (association avec laquelle je suis partie en Corse pour un séjour handi/valides sportif) nous a annoncé « Demain, c’est plongée sous-marine ! », je n’ai pas eu le même engouement que les autres à cette idée. Elle ne me rebutait pas sans pour autant me mettre à l’aise. Je n’en ai rien laissé voir et me suis laissée emportée par le mouvement sans trop réfléchir.

 

 

C’est parti pour une nouvelle aventure !

 

Le lendemain donc, après être arrivés sur place, la première épreuve s’annonce rude : enfiler la combinaison de plongée (par-dessus un maillot de bain sec heureusement). Vous savez, le truc bien serré, qui colle et qui est tout sauf pratique ? Bah voilà. Par peur de ralentir le groupe, je me laisse aider tout de même, la fierté on verra ça plus tard. Grand bien m’en fasse, je ne suis pas la dernière, victoire !

 

Nous nous rassemblons autour de l’un des instructeurs qui nous donne les règles à appliquer, les choses auxquelles faire attention et les étapes que l’on va suivre à partir de maintenant jusqu’à la fin de l’activité. L’équipe qui nous accompagne a l’air rodée, c’est rassurant. Il fait beau, le soleil est au rendez-vous, le bateau nous attend.

 

 

Gif tiré des Power Rangers (parce qu’on a les références qu’on a !)

 

 

Les coussins des fauteuils sont mis dans des sacs plastiques pour qu’ils ne soient pas mouillés durant le trajet jusqu’au point de plongée car nous les gardons pour nous asseoir dessus dans l’embarcation. Albert et les autres destriers restent eux, sur la terre ferme. Ça me fait un peu bizarre de partir sans lui. Les vingt minutes dans ce bateau à moteur sont un vrai calvaire : mal de mer ? Même pas ! Mal aux épaules, car il m’est impossible de me tenir dans une position confortable. Pas grave, ça n’est pas une étape importante.

 

 

Bientôt il faudra bien se jeter à l’eau…

 

Car enfin nous y sommes, et il me semble me souvenir être la première à être gentiment glissée dans l’eau, après avoir été équipée de palmes et de bouteilles, d’un masque et d’un tuyau. J’ai de la chance, j’hérite de l’instructeur le plus canon de l’équipe, autant apprécier ! Il me refait un petit topo rapide avant que nous nous lancions. J’ai du mal à me mettre entièrement sous l’eau avec tout le bazar qu’il y a sur ma tête : je ne sais pas comment je dois faire côté respiration, c’est une appréhension un peu étrange, très enfantine ou naïve. Mais finalement en lâchant prise, doucement et avec calme, l’inspiration et l’expiration se font, et nous descendons.

 

 

Plongée en Corse
Plutôt pas mal comme point d’observation non ? – Photo 1P2Vs, ne pas reproduire.

 

 

A peine deux minutes que nous nous sommes immergés que me prend un coup de panique et je remonte en urgence.

 

Instructeur, inquiet : Qu’est-ce qu’il se passe ?
Daphnée, affolée : J’avais de l’eau dans mon nez !
Instructeur, amusé : Mais c’est pas grave vu que tu ne respires pas par le nez…
Daphnée, penaude : Ah… Oui… Effectivement…

 

 

Arrêter de penser et se laisser porter, le secret de la plongée.

 

C’est reparti, je prends peu à peu l’habitude de cette façon de respirer un peu particulière. Bonne élève, je garde bien en tête toutes les recommandations données plus tôt. Je souffle en me pinçant le nez lorsque je sens mes oreilles se boucher et je communique régulièrement avec mon instructeur avec les signes d’usage. Très vite, je me retrouve à l’aise dans cet environnement et m’émerveille de ce que j’y découvre. Il n’y a rien d’absolument extraordinaire, mais c’est tout de même des visions que je n’ai pas l’habitude d’avoir. Là les coraux, là les poissons en tenue de camouflage, et ici une mignonne petite méduse violette (oui, moi non plus je ne savais pas qu’une méduse pouvait être mignonne avant de voir celle-ci)… Tout est si paisible que j’en oublie tout le reste, même que je suis (si bien) accompagnée ! J’arrive à me déplacer presque seule, parfois à battre un peu des jambes avec les palmes, c’est un vrai bonheur.

 

L’instructeur me montre parfois ce que je n’ai pas aperçu de mon œil de débutante, il m’accompagne vraiment tout en me laissant très libre de mes mouvements, ce qui est particulièrement appréciable. Lorsqu’il me fait signe qu’il est l’heure de remonter, j’ai le cœur qui se serre : c’est que je suis très bien là où je suis moi ! Mais contrairement à l’impression que j’ai eue durant quelques minutes, je ne suis pas seule, et là-haut les autres attendent.

 

 

Extrait du film Le monde de Némo

 

 

Le temps que tout le monde fasse son petit tour, je reste dans l’eau, je savoure l’expérience que je viens de vivre et je me laisse aller au gré du courant, tout en gardant un œil sur le bateau pour ne pas trop m’en éloigner. Petit bonheur. Simple. Rien avant, rien après, juste là maintenant.

 

 

La plongée, après l’appréhension… le coup de coeur !

 

Pour la plupart, c’est à contre cœur que nous rentrons. Le trajet n’est pas plus confortable qu’à l’aller, mais je fais avec. Retirer la combi est une horreur, je mets une demi-heure à me rhabiller et me retrouve bonne dernière que l’on attend, ce à quoi je ne les ai pas vraiment habitués. C’est officiel, je hais les combi de plongée. Comparé à ça, enfiler et/ou enlever les bas de contention quand je prends l’avion, c’est un jeu d’enfant !

 

Bilan ? Heureusement que je ne peux pas me retrouver habillée et équipée pour plonger en un claquement de doigts, il serait probable que je devienne accro autrement. C’est amusant, j’ai ressenti au moins autant d’émotions à ma première plongée sous-marine, qu’à mon premier saut en parapente mais pour autant, c’était des sensations très différentes. L’excitation de voler dénote complètement avec la sérénité qui m’a envahie sous l’eau. Si on me demandait de choisir, je ne saurais le faire ! Et pour l’un comme pour l’autre… Albert est resté sur la touche !

 

 

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